FICHES ACTEURS 12 mars
LOUIS DE FUNES

Né le 31 juillet 1914 à Courbevoie (France)
Décédé le 27 janvier 1983à Nantes (France)

Né à Courbevoie le 31 juillet 1914, Louis de Funès est le troisième enfant d’un couple arrivé d’Espagne en France en 1904après que son père, Carlos Luis de Funes de Galarza (1871-1934), eut enlevé sa mère Leonor Soto y Reguera (1878-1957) parce que la famille de celle-ci s’opposait à leur union.
Son père, qui ne peut plus exercer sa profession d'avocat (comme il le faisait en Espagne) depuis son installation en France, s’improvise diamantaire. Ce père, préoccupé par l'avenir de son fils, personnage un peu fantasque qu’il a peu connu, semble avoir eu moins d'influence sur lui que sa mère. Ainsi, Louis de Funès a raconté qu’elle fut son premier professeur de comédie : « Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant “Yé vais té toué”, dans sa façon d’être et d’agir, elle possédait, sans le savoir, le génie des planches. ». Elle lui donne également ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans.

À 16 ans, après des études secondaires moyennes et sur les conseils de son frère devenu fourreur, Louis de Funès entre à l’École Professionnelle de la Fourrure mais il en est renvoyé pour chahut. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, exerce successivement différents métiers, mais à cause de ses renvois systématiques et par lassitude de ses frasques professionnelles, ses parents l’inscrivent en 1932à l’École Technique de Photographie et de Cinéma (ETPC), aujourd'hui École nationale supérieure Louis-Lumière, située à deux pas de son domicile. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë qui fut bien plus tard directeur de la photographie sur plusieurs de ses films. Finalement il est renvoyé pour incendie volontaire.

Recommence alors le cycle de périodes de chômage et d’emplois (étalagiste, dessinateur industriel, aide comptable, etc.) d’où il finit toujours par se faire renvoyer. En 1936, il épouse sa première femme, Germaine Louise Élodie Carroyer. Un enfant naît de cette union en 1937, Daniel de Funès, mais le couple se sépare très vite même si le divorce n’est prononcé qu’en 1942. Bientôt il commence à se faire engager comme pianiste de bar. Il joue dans un grand nombre d’établissements, enchaînant des soirées de douze heures (de 17 h 30 à 5 h 30 du matin), payé à la coupelle (le pourboire des clients) ou touchant un cachet de misère. Louis de Funès est alors un excellent musicien selon Eddy Barclay - ce dont il se servira dans certains de ses films tels que La Rue Sans Loi, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Grand Restaurant ou encore L’Homme orchestre - et possède une bonne connaissance du cinéma de son époque.

Le hasard va ramener de Funès vers la comédie : ” Un hasard prodigieux. Je descendais d'un wagon de première classe dans le métro, et Daniel Gélin (mon copain de chez Simon) montait dans un wagon de seconde classe. La porte allait se refermer, lorsqu'il me crie : “Téléphone-moi demain. J'ai un petit rôle pour toi. ” C'était pour “L'Amant de paille” (1945) de Marc-Gilbert Sauvageon. Je reprenais le rôle qu'avait créé Bernard Blier.” C'est Gélin, toujours, qui le fait débuter au cinéma dans ” La Tentation de Barbizon” (1945) de Jean Stelli, où son rôle se résume… à ouvrir une porte.

Jusqu'en 1954, il apparaîtra dans une cinquantaine de films mais dans des rôles si insignifiants qu'un jour Françoise Rosay qui tournait avec lui “La Reine Margot” (1954) de Jean Dréville, s'insurgea : ” On me voit tout le temps de face. C'est son tour de temps en temps.” De Funès réduit pendant des années à n'être qu'un “dos”, on juge ainsi mieux de la longue marche qu'il aura dû accomplir avant de devenir la coqueluche du public français. En attendant, pour survivre, de Funès se livre à toutes sortes de travaux : ” A l'époque, je doublais le matin (entre autres la voix de Toto le comique italien), je tournais l'après-midi, et j'étais le soir au théâtre.”

Il faudra attendre 1956, après dix ans de carrière et près de 80 films, pour qu'il accède enfin aux premiers rôles. Cette année-là, il tourne ” La traversée de Paris (1956) de Claude Autant-Lara, un des meilleurs réalisateurs du moment, avec Gabin et Bourvil. Son rôle de Jambier, l'épicier du marché noir égorgeur de cochon, est le premier grand personnage créé par de Funès. C'est à partir de ce film en tout cas que l'acteur va devenir ” un film à lui tout seul “. La critique commence d'ailleurs à s'intéresser à lui, et avec ” Ni vu ni connu ” (1957) d'Yves Robert, elle le présente comme l'un des meilleurs comiques français du moment.
Parallèlement, de Funès poursuit sa carrière théâtrale marquée par le triomphe d'”Oscar” qu'il reprendra cinq ans plus tard au cinéma avec le même succès. L'identification devient totale entre l'acteur et ce personnage d'une absolue loufoquerie. A ce propos de Funès déclarera : ” J'aime bien incarner, afin de les ridiculiser, les types qui se prennent au sérieux et veulent se faire respecter… J'aime trouver le petit détail, le grain de sable qui fera s'écrouler ce personnage gonflé de vanité.” Il a tant à dire sur ce ” personnage “, que lorsqu'il reprendra la pièce en 1971, il l'allongera de vingt bonne minutes, reconnaissant y avoir ” changé des trucs et ce n'est pas fini “. Par les nombreux gags dont il ponctue le texte original, de Funès finit par devenir le véritable auteur de la pièce. C'est avec elle qu'il impose son type de comique. Pourtant sa carrière cinématographique marque encore le pas, il reste en effet souvent un faire-valoir des têtes d'affiche. En 1961, il tourne dans ” Le crime ne paie pas ” de Gérard Oury : ce film, pour lequel il ne figure même pas au générique, sera pourtant celui qui décidera Oury à se consacrer désormais à la comédie et surtout de donner à de Funès des rôles à la mesure de sa verve. Quant à ” pouic-pouic ” que de Funès tourne deux ans plus tard, il marque sa première rencontre avec Jean Girault qu'il retrouvera pour la fameuse série des ” Gendarmes”.

Avec déjà 100 films à son actif, Louis enchaîne avec celui qui le fait enfin accéder au vedettariat : “Le gendarme de Saint -Tropez” (1964) de Jean Girault. Puis il retrouve Bourvil pour le Corniaud (1964) de Gérard Oury. Face à son grand “rival” en comédie, il impose sa propre image de marque, plus gestuelle que verbale : ” On me donne toujours trop de texte, reconnaît-il. Je n'ai pas un comique de mots, mais de geste d'attitude, de situation… Rappelez-vous la scène de la douche du corniaud. Elle est parfaite. “

Le tandem de Funès-Bourvil se retrouvera une dernière fois à l'affiche de ce qui constitue, aujourd'hui encore, le plus phénoménal succès français, ” La grande Vadrouille ” (1966) de Gérard Oury, sans se nuire, bien au contraire, les deux acteurs, qui ont activement participé à l'élaboration du scénario, composent, chacun dans son registre, un duo d'une incontestable drôlerie.

Après ” La Folie des grandeurs ” (1971), où, dû au décès de son ami Bourvil, est le partenaire d'un Yves Montand inattendu, de Funès clôt sa collaboration avec Oury avec ” Les Aventures de Rabbi Jacob ” (1973). En 1974, alors que tout est prêt pour le premier tour de manivelle d'un nouveau film avec Oury, ” Le Crocodile “, Louis est victime d'un infarctus. Les problèmes financiers que soulèveront cette défection forcée jetteront un froid dans ses relations avec le cinéaste. Remis de ces problèmes de santé, de Funès entame une nouvelle collaboration avec Claude Zidi dont il semble à l'en croire fort satisfait : ” Je ne veux plus jouer les homme en colère, insupportables. On me l'a trop fait faire. Claude Zidi l'a compris qui m'a écrit un rôle plein de nuances… Il y a un sentiment que j'aime bien exprimer aujourd'hui, la candeur.”

”L'Aile ou la cuisse ” (1976) de Zidi forme un nouveau duo de comiques, de Funès-Coluche. Ce qui n'était pas pour déplaire è Louis, volontiers disposé aux confrontations d'acteurs, comme il en donne une autre preuve avec Annie Girardot avec laquelle il forme le couple chamailleur de ” La Zizanie ” (1977), toujours de Zidi.
C'est avec Jean Girault, le père des gendarmes, avec lequel il a toujours travaillé en bonne harmonie qu'il terminera pourtant sa carrière. En 1980, Louis réalise avec lui un vieux rêve pour lequel il avait cherché des gags toute sa vie, “L'Avare” (1980) de Molière. Malgré un rôle où il peut donner libre cours à son goût pour les personnages de faux jetons, de Funès ne récolte qu'un demi-succès . Louis de Funès meurt le 27 janvier 1983, après avoir endossé une ultime fois l'uniforme dans ” Le Gendarme et les Gendarmettes ” (1982) sous la direction de Jean Girault. Dans le silence et le recueillement, le corps de Louis de Funès est inhumé dans un monument du cimetière du Cellier. Louis de Funès, aujourd'hui, y repose et continue de nous faire rire pour l'éternité en compagnie de Bourvil, Fernandel et d'autres comiques qui méritent notre respect.
FILMOGRAPHIE: sélective















L'année suivante, il offre une très belle interprétation de Sud-Africain dans Blood Diamond, film qui dénonce le trafic des diamants de sang. Dans Mensonges d'Etat, il est dirigé pour la première fois par Ridley Scott, dans un thriller sur fond politique, et de nouveau Martin Scorsese, qui l'entraîne dans les années 50 pour une sombre affaire policière dans Shutter Island. En 2009, plus de 10 ans après l'épopée Titanic, le couple mythique, Leonardo Dicaprio et Kate Winslet, est reformé grâce à Sam Mendes qui les dirige tous les deux dans le drame Les Noces rebelles. 




















En 2003, Clint Eastwood signe le drame Mystic River, porté par Sean Penn, Tim Robbins et Kevin Bacon, qui lui fait monter les marches du Festival de Cannes pour la quatrième fois. Deux ans plus tard, avec le drame Million dollar baby, le cinéaste remporte à nouveau, douze ans après Impitoyable, l'Oscar du Meilleur film et du Meilleur réalisateur. Le succès du film est total, ses comédiens Hilary Swank et Morgan Freeman étant sacrés Meilleure actrice et Meilleur second rôle masculin. Clint Eastwood change alors de registre et décide de réaliser un dyptique autour de la bataille d'Iwo Jima : Mémoires de nos pères pour le point de vue américain, et Lettres d'Iwo Jima pour le point de vue japonais.


















