L’EPEE DE VERITE

      LA SAGA L’EPEE DE VERITE

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Allez-y vous ne serez pas deçu….

Richard Cypher est un modeste garde forestier ordinaire qui vit en Terre d’Ouest. Pour lui comme pour tous les autres habitants de cette région, le monde s’arrête à la Frontière, barrière infranchissable et terrifiante. Mais un jour, son chemin croise celui d’une étrange femme traquée du nom de Kalhan, se prétendant originaire des Contrées du Milieu, de l’autre côté de la Frontière. En lui sauvant la vie, il s’implique sans le vouloir dans une histoire qui le dépasse : la Frontière s’affaiblit et le Seigneur de D’Hara veut profiter de cette opportunité pour conquérir les Contrées du Milieu et soumettre le monde. À l’aide de Kahlan et du Sorcier de Premier Ordre Zeddicus Zul’ Zorander qui s’était exilé en Terre D’Ouest des années auparavant, Richard, nommé Sourcier de Vérité, va devoir se lancer dans une quête dont dépendra le sort de l’humanité, brandissant au poing l’Épée de Vérité, arme magique et puissante, symbole de son statut.

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Terre d’ouest

Terre d’ouest, dont la capitale est Hartland, se situe à l’ouest de la Contrée du milieu et la magie y est interdite. Richard Cypher, ainsi que son père (George Cypher) et son frère (Michael Cypher), viennent de cette contrée.

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Contrées du milieu

Elles s’étendent de la « frontière » au fleuve Drun à l’ouest et de la « frontière » au fleuve Kern à l’est. Elles sont composées d’une multitude de royaumes, duchés et pays. Elles sont régies par des lois et règles très particulières, telles que la réglementation de la longueur des cheveux des femmes selon leur rang social… La capitale en est Aydindril où se situe la forteresse des sorciers et c’est aussi là qu’est centralisé le pouvoir incarné par la Mère inquisitrice.

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Aydindril

C’est la principale ville des Contrées du milieu. C’est là qu’est centralisé le pouvoir incarné par la Mère inquisitrice, et que siège le conseil des Contrées du milieu. C’est aussi la ville où se situe la Forteresse des sorciers au sein de laquelle se tapi la sliph, être de vif-argent permettant à ceux qui contrôle les deux variantes de la magie (additive et soustractive) de voyager à travers le Nouveau et l’Ancien monde.

Cette ville a participé à la grande majorité des bouleversement politiques des terre du milieu. C’est dans cette ville que Richard va dissoudre les contrées du milieu pour augmenter la puissance de l’empire d’Haran et résister à l’Ordre impérial. La ville sera notamment la proie de la peste et de violentes émeutes lors de luttes de pouvoir entre l’empire d’Haran dirigé par Richard Rahl et l’Ordre impérial, Aydindril est finalement vidé de ses habitants et de toute armée pour laisser le champ libre à Zeddicus Zul’Zorander et Adie de protéger la forteresse du sorcier contre les soudards de Jaggang.

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Anderith

Ce territoire à l’extrême sud-ouest des Contrées du milieu est habité par les Andériens et les Hakens. Les dominants, les Andériens, sont dirigés par le Pontife soutenu du ministre de la Civilisation. La richesse principale du pays est l’agriculture.

La région s’appelait autrefois Vengren, puis Vindice, Turslan, Royaume de Toscla avant d’enfin devenir l’Anderith, du nom de Joseph Ander, sorcier surnommé « La montagne », qui créa les Dominie Dirch, barrière magique protectrice du pays.

Les Andériens, des tribus de nomades qui guerroyaient entre eux et vivaient jadis de chasses et de cueillette, s’établirent sur ces terres riches et abondantes, il y a 2 à 3 milliers d’années. Les Hakens, venant des terres sauvages, réussirent à passer la ligne protectrice des Dominie Dirch, puis prirent le pouvoir par la force, grâce à leurs techniques et à leur savoir.

De façon surprenante pour un envahisseur, les Hakens installèrent une démocratie. Ils diffusèrent aussi leur savoir. Ainsi l’architecture, l’agriculture, l’irrigation et même un système juridique furent introduits dans le pays. Et petit à petit, se sentant coupables de la guerre, les Hakens autorisèrent les Andériens à occuper des postes clés. Mais les deux peuples restaient séparés, les Hakens ne désirant pas se mélanger aux Andériens.

Suite à une sécheresse, les Andériens profitèrent d’émeutes pour reprendre le pouvoir et furent dirigés à partir de ce moment-là par un Pontife. Les nouvelles lois furent dures envers les Hakens, car il fut décrété que seuls les Andériens avaient les qualités requises pour pouvoir décider ce qui est juste de ce qui ne l’était pas.

C’est ainsi que les Hakens furent contraints à une forme d’esclavage. Par un fort pouvoir de suggestion, ainsi que par destruction et rétention du savoir, les Andériens comme les Hakens en vinrent à penser que les Hakens avaient la cruauté dans le sang vu qu’ils étaient de cruels conquérants, alors que les Andériens auraient la douceur dans le sang. Fort de cette ségrégation, et avant la destruction des Dominie Dirch, les Hakens étaient devenus de véritables hommes à tout faire des Andériens, acceptant – par la force des réunions de repentance – le prédicat « tout Haken est un être cruel et violent, tout Andérien est divinement bon » et l’oppression des Andériens.

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  LES PERSONNAGES

 

RICHARD RAHL

Richard Rahl est un jeune homme avec d’épais cheveux bruns, des yeux de faucon gris et une puissante musculature. Il est plus grand que la moyenne , avec de larges épaules. Lorsque la série commence, il a environ vingt ans. La couleur grise de ses yeux perçants est utilisée à plusieurs reprises pour l’identifier dans la série. Plusieurs femmes de la série prétendent qu’il est l’un des plus beaux hommes qu’elles aient jamais vu. Il est, au départ, modestement vêtu comme un guide forestier. Par la suite, il portera la tenue de Barracus, le dernier sorcier de guerre : un pantalon noir, une tunique noire, une cape d’or et des serre-poignets d’argent renforcés de cuir gravés de symboles magiques. Il porte à la ceinture des bourses contenant divers objets, dont deux contenant du sable blanc et du sable noir de sorcier. Généralement, il porte l’Épée de Vérité à la hanche, dans un baudrier en cuir ouvragé. Autour du cou, il porte parmi d’autres pendentifs un Agiel.

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Richard a toujours eu soif d’apprendre, d’en savoir plus, a toujours été un chercheur de vérité (et de connaissance). Il veut toujours savoir la vérité de toutes choses, il ne la craint pas. Il a un sens aigu de ce qui est bien et de ce qui est mal. Ses premiers dons étaient une connaissance profonde des plantes et des herbes, de même que le pistage, la poterie et le tir à l’arc ainsi que la sculpture. Zedd est comme un second père pour lui (il est d’ailleurs son grand-père). Richard n’a jamais cherché le pouvoir, il a toujours simplement désiré être laissé tranquille.

C’est donc à contrecœur qu’il deviendra le maitre de D’Hara, étant le nouveau Seigneur Rahl et maitrisant le Don de la magie. Un lien tissé plusieurs millénaires auparavant entre le Seigneur Rahl de l’époque et les D’Harans, ses sujets, ainsi que son don naturel pour les deux formes de magie -additive et soustractive- le force malgré tout à assumer les rênes du pouvoir, aidé de sa femme Kahlan Amnell, Mère Inquisitrice des Contrées du Milieu.

Bien qu’il soit un Sourcier de vérité, Richard a toujours détesté les énigmes (présentes dans la plupart des prophéties). Il les considère comme des insultes à l’honnêteté, et par principe les ignore. Il dénoue les énigmes de la vie, pas les mots, bien qu’il ait souvent besoin de le faire malgré lui.

Au fil de la série, Richard découvre qu’il possède des pouvoirs magiques puissants, et qu’il est précisément un sorcier de guerre. Ce pouvoir est semble-t-il la source de certaines de ses grandes habilités, principalement sa mortelle efficacité avec n’importe quel type de lame, que cela soit pour le combat ou pour la sculpture.

Richard Rahl (appelé alors Richard Cypher) est né et a vécu dans la ville de Hartland, en Terre d’Ouest. Jeune homme, il évitait autant que possible les conflits. La mort de sa mère ayant été causée par la colère, il ne s’est jamais autorisé à perdre son calme, et pouvait faire passer les gens d’une grimace à un sourire avec ses manières simples. Si les paroles ne suffisaient pas à apaiser les esprits, il était assez rapide et fort pour stopper toute menace avant que quiconque ne soit blessé, et si le besoin s’en faisait sentir, il était rapide à la course. Une fois devenu le véritable Sourcier de vérité, il apprit à canaliser sa rage en utilisant l’épée, décernée par Zedd, qui s’avère être à la fois le Premier Sorcier des Contrées du Milieu et son grand-père. L’Épée de Vérité transforme la colère de son porteur en une grande puissance. Il apprit aussi à canaliser l’amour de la même manière. Mais il déteste cela encore plus que la colère, car dans ces conditions, il peut tuer n’importe qui, innocent ou non.

KAHLAN AMNELL

Kahlan est décrite comme une jeune femme attirante. Elle a une épaisse chevelure brune dont la longueur (jusqu’aux reins) détermine son autorité et son statut dans les Contrées du Milieu. Elle a des yeux verts hérités de sa mère. Elle est environ de la même taille que son mari Richard et a à peu près son âge (soit une vingtaine d’année à son apparition dans l’histoire). Elle porte en général la robe blanche typique d’une Mère Inquisitrice. La coupe de cette robe est spécifique des tenues des Inquisitrices et est un signe de reconnaissance de son statut pour tous les habitants des Contrées, alors que la couleur blanche de cette robe signifie que la personne qui la porte est la Mère Inquisitrice. Elle porte le plus souvent des bottes de cuir. Même quand elle n’est pas habillée avec sa traditionnelle robe de Mère Inquisitrice, ses cheveux, son visage, sa personnalité, et plus encore sa manière de parler trahissent son statut et le pouvoir qu’elle possède.

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Kahlan Amnell est la Mère Inquisitrice, la dernière de sa race. Elle parle toutes les langues majeures des Contrées du Milieu et une grande partie des mineures. Elle est connue comme alpiniste rapide et chevronnée. Elle possède également un don qui lui permet de connaître le cœur des gens et de lire en eux les raisons de leurs actes, même celles qu’ils ignorent eux-mêmes. Grâce à son autorité et son pouvoir, Kahlan est quelqu’un qui sait obtenir des réponses lorsqu’elle en a besoin. Elle est courageuse, déterminée, intelligente et vive d’esprit. Malgré ses qualités et son courage, elle est terrifiée par le Royaume des Morts et les Frontières, ceci depuis qu’elle a pu voir ce qui s’y passait de l’intérieur lors d’une traversée. Elle est aussi particulièrement effrayé par les serpents et par la voyante Shota, cette dernière terrorisant également la plupart des peuples des Contrées.Elle aime beaucoup le chocolat et les carottes, mais bien évidemment, déteste les fruits rouges, tel que les pommes (lors de la précédente guerre contre Panis Rahl, le grand père de Richard, les fruits rouges, comme les pommes, ont été ensorcelées afin d’être un poison pour quiconque le mangera. Il s’agit d’une arme de guerre particulièrement efficace).

Kahlan peut retrouver l’usage de son pouvoir rapidement, environ 1h ou 2 après l’avoir utilisé, alors qu’il faut un jour et une nuit à la plupart des Inquisitrices. Grâce à cela, son pouvoir est aussi plus puissant que celui des autres et agit donc plus efficacement. En touchant quelqu’un, elle peut lui conférer une force supérieure à sa force naturelle ou le faire tomber raide mort sur une simple injonction. Cela ne serait pas possible à une Inquisitrice moins puissante.

ZEDD

Zeddicus Zul’Zorander est un personnage fictif dans le cycle L’Épée de vérité écrit par Terry Goodkind. Il est souvent appelé par ses amis Zedd. « Premier sorcier » de son ordre, il a désigné Richard Rahl comme « sourcier de vérité » en lui donnant « l’épée de vérité » . Il possède le don de la magie « additive ».

Il est aussi le grand-père de Richard et a tué Panis Rahl, père de Darken Rahl et second grand-père de Richard.

Il a de plus une relation plus qu’amicale avec la magicienne Adie. Il utilise souvent le pseudonyme de Ruben Rybnik quand il voyage incognito.

Zeddicus Zu’l Zorander est un vieil homme aux bras chétifs, aux cheveux blancs ondulés et à la peau blême, ridée et flasque. Son apparence décharnée et fragile cache une rigidité morale et une solidité physique hors du commun.

Son extrême sobriété vestimentaire habituelle démontre son grade élevée dans la classe dépérissante des Sorciers. Sa figure aux angles vifs et tranchants comporte des lèvres fines, sa voix est grêle et ses yeux noisette laissent transparaître son intelligence. Sa mâchoire est lisse et rasée.

Son corps mince cache un appétit vorace.

Il est décrit comme un vieil homme têtu et imberbe, habillé d’une robe de la plus grande simplicité, symbole de son autorité de Premier Sorcier. Son expression favorite est « Fichtre et Foutre ! », suivie de peu par « vrai comme verrue de verrat », ainsi que « Rien n’est jamais facile! ».

Il serait le plus puissant des sorciers, titulaire du don additif encore vivant. Il est sorcier de Premier ordre.

Zeddicus Zu’l Zorander a grandi dans la Forteresse des Sorciers en Aydindril, né d’un sorcier et d’une magicienne. Il fut quelquefois amené à être surveillé par la Mère inquisitrice elle-même, étant un voyou sur deux pattes mû par la curiosité et non par la méchanceté.

Zedd était un génie pouvant effectuer des actions magiques incomprises par les autres sorciers. Il était connu pour être une forte tête doublé d’un bon cœur. Il se maria jeune homme avec une dénommée Erilyn et ensemble eurent une fille, et un chat ! Surnommé « le rusé » par ses proches, il méritait vraiment ce surnom.

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Quand Panis Rahl commença d’utiliser la magie des morts contre les forces des Contrées du milieu, Zedd comprit que le seul espoir de sauver des vies était de combattre et non de se cacher en attendant. Il utilisa ses pouvoirs de Premier Sorcier pour contenir la magie de Panis Rahl et soutenir les armées alliées. Il créa notamment des sifflets dont le son magique renvoyaient les ombres mortelles soutenant les troupes d’harannes. Zedd devint ainsi connu sous le nom de « vent de la mort ».

Son aide permit aux soldats alliés de repousser les légions ennemies en d’Hara. Panis Rahl se vengea en envoyant un quatuor assassiner sa femme, Erilyn. Zedd la retrouva vivante, blessée mortellement, perdant son sang dans une longue et douloureuse agonie, ses membres brisés. Quand il tenta d’utiliser sa magie pour la soigner, cela déclencha un contre-sort qui démembra son épouse.

Il décida alors d’ériger une frontière magique entre les Contrées du milieu et d’Hara. Il invoqua pour cela le royaume des morts et établit ainsi une frontière épaisse de quelques kilomètres. Toute personne la traversant (même en hauteur ou par mer) ou même s’en approchant devenait prisonnier du royaume des morts.

Simultanément, il envoya une immense boule de feu qui s’alimenta en traversant la frontière et immola Panis Rahl. Le fils de ce dernier, Darken Rahl, à ses côtés à ce moment, en conservera une brûlure sur ses membres inférieurs et une haine farouche.

Après la mise en place de la frontières avec d’Hara, tout se calma, mais peu à peu s’établit un régime corrompu dans les Contrées du Milieu. Quand son instance dirigeante, le Conseil, s’octroya le droit de donner l’épée et l’employa pour récompenser les meilleurs payeurs et les ambitieux, Zedd s’y opposa ouvertement et accusa les délégués du Conseil d’avoir renié leurs engagements. Cela ne les empêcha pas de s’attribuer les Boîtes d’Orden.

De plus, à la suite de la guerre contre d’Hara et ses magies démoniaques, les peuples des contrées du milieu éprouvèrent une forte aversion a l’idée de rester en contact avec la magie.La volonté d’un monde sans magie commença à germer dans l’esprit des victimes.

Furieux par ces décisions relative à la gestion de la magie, abandonné par les 6 sorciers qu’il avait formé et qui soutenaient désormais le conseil et sa corruption, et affecté par la mort de sa femme, Zeddicus décida de les abandonner en leur laissant assumer pleinement les conséquences de leurs actes, et de donner aux contrées du milieu la possibilité d’un monde sans magie. Il se recouvrit d’une Toile de Sorcier puissante faisant oublier son identité et créa terre d’ouest, séparée par une seconde frontière magique des contrées du milieu, où s’étaient installé les écoeurés de la magie.

Zedd vécut dans une petite maison en hauteur près de Hartland, le long d’un long et sinueux chemin. Son chat disposait d’une planche pour y entrer et en sortir. A l’arrière se trouvait une vieille table usée par les années où Zedd aimait prendre son déjeuner au soleil. Ses fenêtres étaient agrémentés de rideaux blancs à l’intérieur et de bacs à fleurs à l’extérieur. Les murs étaient gris terne avec l’âge mais la porte brillait d’un bleu vif pour accueillir les visiteurs bienvenus. La maison n’était pas large mais disposait toutefois d’un porche courant le long de la bâtisse.

L’endroit favorit de Zedd restait sa chaise à bascule surnommée « raison » où il s’y asseyait pour étudier de grandes questions philosophiques, parfois pendant de longues périodes ; il y resta ainsi une fois pendant 3 jours entiers à chercher pourquoi les hommes polémiquaient sans fin sur le nombre d’étoiles dans le ciel.

Zedd, mentor et amis de Richard dès son plus jeune âge, lui transmit des connaissances avancées sur le monde et les herbes et le traitait sur un pied d’égalité. Zedd a toujours aimé passer beaucoup de temps à regarder les nuages sur son rocher-nuage (en fait un rocher-sorcier) posé au sommet d’une petite colline aride attenante à sa maison.

Zedd a le don pour la magie additive et est un sorcier du Premier Ordre, hautement entraîné, coriace, rusé, un peu cachotier et froidement efficace. Durant l’histoire, voici les quelques capacités magiques qu’il a utilisées :

  • Peut réveiller une personne inconsciente ou au contraire la plonger dans un profond sommeil.
  • Peut emprisonner un objet dans un bouclier d’air ou l’empêcher de bouger.
  • Peut jeter une Toile de la Mort, donnant l’apparence de la mort à une personne en la maintenant en vie.
  • Peut modifier à volonté la dimension de son rocher-sorcier et l’utiliser pour contacter les esprits des morts, même à travers le voile de la mort. Il l’utilise ainsi pour discuter avec ses parents.
  • Il a érigé la Frontière en invoquant le royaume des morts.
  • Peut détecter et rejoindre en pensée les pierres de nuit.
  • Peut invoquer un bouclier magique de verre réfléchissant, capable de bloquer la puissante magie d’autres sorciers.
  • Peut émettre avec ses mains un éclair de lumière bleu extrêmement chaud entourant ses cibles.
  • A créé des sifflets de batailles conjurant les ombres de la mort invoquées par Panis Rahl. Différents modèles ont dû être créés pour s’adapter à la magie de l’ennemie changeante.
  • Peut créer une balle d’air extrêmement dense et soulever des objects ou se protéger avec elles.
  • Peut geler l’eau et former ainsi de la glace en quelques secondes.
  • Peut générer un Feu de Sorcier, une boule de liquide enflammé qui brûle avec acharnement tout ce qu’elle touche.
  • Peut soigner quasiment toute maladie non magique ou régénérer des membres disparus, parfois douloureusement.
  • Peut ressentir la douleur physique en touchant le front d’une personne.
  • Peut dissimuler des dizaines de mètres de sentiers.
  • Peut générer un champ magique lui révélant les capacités magiques des personnes à proximité.
  • Peut transmuter n’importe quels matériaux, notamment changer des pièces de bronze en argent ou en or.
  • Peut régénérer des papiers récemment brûlés.
  • Peut lancer un sort, y compris sur lui-même, pour rendre les choses légères, utile pour les transports…
  • Peut se mettre ou s’enlever à volonté son Rada’Han et sa magie n’en est pas altérée, à condition que le Rada’Han ne soit pas insérée avec l’aide de magie soustractive contre laquelle il ne peut pas grand chose.
  • Peut envoyer du feu de sorcier à de très grandes distances.
  • Peut générer une douleur extrême proche de l’agonie sur une personne en posant ses doigts sur le cou, comme avec un Agiel.
  • Capable de lancer des sorts simultanément (érection de la frontière + feu de sorcier).
  • Peut lancer des éclairs et de la foudre.
  • Peut lancer des sorts de déclencheurs, des Toiles générant des plans mortels.
  • Bien qu’il ne l’ait jamais utilisé, il pourrait se consumer à l’aide du Feu de Vie de Sorcier.

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Cara

Cara est la meneuse des quatre Mord-Sith qui gardent Richard Rahl. Cara est la plus proche de Richard, et il la considère comme un membre de la famille. L’autre (la troisième, Hally, étant morte et Raina la deuxième aussi) Mord-Sith, Berdine, écoute Cara et exécute ses ordres. Cara est une belle femme, grande, bien que plus petite que Kahlan Amnell, et vraiment très musclée et puissante. Elle porte généralement sa tenue de cuir rouge pour cacher le sang de ses victimes et pour intimider ceux qui oseraient la chercher. Elle protège Richard contre les impportuns avec son agiel, objet de torture. Ses yeux ont une couleur bleue glacée et elle porte ses longs cheveux blonds en une natte, marque traditionnelle des Mord-Sith. Elle est considérée comme plus sensible que beaucoup de ses consœurs, et elle est toujours hantée par sa peur des rats et le souvenir de la mort de son père, qu’elle a été forcée de tuer pendant son entraînement de Mord-Sith. Elle porte un grand respect à Kahlan, qui porte l’agiel de Denna, la Mord-Sith qui s’est occupée de Richard (voir La Première Leçon du sorcier), et surnomme Kahlan sa sœur de l’agiel.

Elle est également une des Mord-Sith qui a été le plus affectée par les nouvelles règles de Richard, en cela, elle a appris à croire vraiment en l’amour des autres, et leur montrer son affection. La preuve de cela est sa relation avec le général d’Haran Benjamin Meiffert.

Cara est capable de voyager avec la Sliph car elle détient les deux faces de la magie après avoir obligé le légat Rishi (un Andolien) à l’attaquer avec sa magie; cette capacité lui permettra de suivre les époux Rahl dans leurs voyages avec la Sliph ; elle détient par ce « vol » le deuxième avertissement des Vents.

Étant la garde du corps de Richard, elle fait très attention à lui, et pourrait mourir pour lui, pas seulement parce qu’il est le seigneur Rahl, mais parce qu’il est son ami, qu’elle comprend et est d’accord avec ses idées (la plupart du temps) et pourquoi il se bat. Cela fait d’elle une des Mord-Sith les plus loyales.

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Annalina Aldurren

La Dame Abbesse Annalina Aldurren est un personnage fictif dans le cycle L’Épée de vérité écrit par Terry Goodkind. Elle est souvent appelée Anna par les autres personnages. Anna a été la Dame Abesse des Sœurs de la Lumière pendant environ huit cent ans. Elle les dirigeait dans la voie du Créateur et travaillait secrètement avec Nathan Rahl sur le sens des prophéties. Anna est une magicienne au pouvoir inouï et qui approche des 1000 ans, après avoir vécu sous l’effet du sort du Palais des Prophètes.

Anna est une femme solide de petite taille à qui l’on donnerait environ soixante-dix ans. Elle porte des robes de laine noires ou grises symbolisant son statut directorial. Malgré sa petite stature, Anna a la capacité innée de terrifier les gens d’un seul regard. Cependant, cette femme au grand cœur aime tous les enfants du Créateur. Sa connaissance avancée des prophéties en font la seule personne qu’accepte Nathan Rahl pour l’aider sur ce sujet, bien que ce dernier martèle qu’une Magicienne ne peut s’y entendre à ces questions.

Cela lui permit d’identifier Richard comme une figure majeure de l’avenir avant même qu’il ne naisse. Elle envoya pour le récupérer Verna en qui elle avait confiance, sans lui révéler les tenants et aboutissants de sa mission.

La Dame Abbesse Annalina fut nommée 791 ans avant le Sang de la Déchirure. Elle dirigea les Sœurs d’une manière stricte et minutieuse. Autorité suprême du Palais, les Sœurs s’en référaient uniquement à elle et au Créateur, indépendamment des divers gouvernements successifs dans l’Ancien Monde.

Elle apprit ainsi à contrôler le Palais et ses occupants et maintenait l’équilibre du pouvoir. Elle autorisa les Administratrices à prendre elles-mêmes les décisions relatives aux finances et au commerce avec l’extérieur du palais, se déchargeant ainsi d’une grosse part administrative de son travail.

Son sens aigu des responsabilités envers le Créateur la pousse à adopter un comportement souvent contradictoire avec les passions des uns et des autres, dans l’intérêt supérieur du monde. Afin de ne pas invalider les prophéties, elle maintient Nathan prisonnier au Palais puis se lancera éperdument à sa poursuite, emprisonnant au passage dans un Rada’Han le Premier Sorcier Zeddicus Zul’Zorander qui lui promit alors la destruction du Palais des Prophètes.

Ce même intérêt supérieur la pousse à simuler sa mort et à organiser sa succession en s’arrangeant pour que Verna prenne sa place à la tête des Sœurs de la Lumière, la plaçant dans une situation difficile de fausse Dame Abbesse. L’infiltration dans le Palais des Sœurs de l’Obscurité l’obligeait à agir de manière non conventionnelle.

Elle participe ainsi au combat contre l’ordre impérial d’une manière parallèle et disjointe de Richard et Kahlan.

Ses pouvoirs très puissants en font une alliée de choix pour le camp du Créateur et donc indirectement de Richard. Elle est capable de créer une Toile de Lumière, ce que seules quelques rares magiciennes et Zedd savent faire. C’est aussi elle qui créa les puissants boucliers entourant Nathan Rahl dans le palais (bien que l’entrave principale reste le Rada’Han).

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Jagang

L’Empereur Jagang est le chef de l’Ordre impérial et le seul qui sait marcher dans les rêves. Ceux qui marchent dans les rêves furent créés par de puissants sorciers durant l’Antique Guerre comme une arme pouvant servir contre leurs ennemis. Celui qui marche dans les rêves peut s’immiscer dans l’esprit de ses victimes durant l’espace qui sépare deux pensés et renforce son emprise sur eux. Ceux qui sont dotés de pouvoirs magique sont particulièrement susceptible, mais avec le temps celui qui marche dans les rêves peut contrôler l’esprit de tous les vivants. Une fois fait, il a accès à toutes leurs pensées et il peut faire n’importe quoi de ses pantins, même les tuer.

Le seul moyen d’échapper à son pouvoir, c’est de jurer allégeance au Seigneur de D’Hara, cela établit un lien que Jagang ne peut forcer. Ce lien protecteur fut créé par Alric Rahl, un ancêtre de Richard Rahl, lors de la Guerre Antique.

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C’est de par son pouvoir de marcheur de rêve que Jagang a pu prendre possession de l’Ancien Monde. Il a fait en sorte de réunir toutes ces tribus et fonda l’Ordre Impérial. Sa mission maintenant est de dominer le monde, luttant pour rassembler tous les hommes sous une seule et même bannière. Mais il a de terrible adversaires qui s’opposent à lui dans sa conquête tel que Richard Rahl, le Maître de D’Hara, et sa femme, Kahlan Amnell, la Mère inquisitrice. Son deuxième but est d’éradiquer la magie. Il estime que tout ceux qui contrôlent la magie et qui ne se joignent pas à lui sont ses ennemis.

 

D’AUTRES PERSONNAGES

  • Les Sorciers étaient la principale et la plus puissante classe de magiciens dans l’ancien temps, mais la guerre et le temps diminua leur nombre passant de centaines de sorciers à quelques uns au moment de l’histoire, dont Zedd, Richard Rahl, Darken Rahl
    Un haut lieu des sorciers est la
    Forteresse des Sorciers située en Aydindril. Dans le nouveau monde, les Sorciers sont gérés par le Premier Sorcier. Il existe plusieurs sortes de sorciers, selon s’ils maîtrisent les magies additive ou/et soustractive, qu’ils soient Sorcier de Guerre ou prophètes

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  • Les Prophètes sont des sorciers ayant des visions. Ces dernières indiquent l’avenir possible et leur permettent d’influer pour le changer. Nathan Rahl et Warren sont deux prophètes. Ils ont vécu leur « jeunesse » dans le Palais des Prophètes. Les prophètes peuvent également avoir de puissants pouvoirs (Nathan Rahl par exemple)
  • Les Magiciennes sont le pendant féminin des sorciers et sont moins puissantes que ceux-ci.
    Adie en est une particulièrement puissante, tout comme Verna, Nicci ou Annalina
  • Les Magiciens sont des hommes doués de magie, ils peuvent imiter tous les dons de magie même la magie soustractive, ils sont tout aussi rares que Ceux qui marchent dans les rêves et que les sorciers de guerre.
    Le frère Narev en était un (le mentor de Jagang)
  • Les Voyantes sont des femmes dont la nature première est d’ensorceler leur entourage. Celles-ci ont pour caractéristique principale de voir le flot du temps, qu’il soit passé ou futur, apportant de précieuses indications dans la quête de Richard.
    Leur pouvoir ne se limite cependant pas à cela, et dépend beaucoup de la voyante. Elles peuvent retourner aisément les sortilèges d’un sorcier contre celui-ci. La limite de leur puissance est à ce jour inconnue, sinon qu’elles peuvent traiter d’égale à égal avec un sorcier vénérant le Gardien, et donc maitrisant la magie soustractive.
    Shota et Six en sont les représentantes dans la série.
  • Les Sœurs de la Lumière sont des magiciennes de l’Ancien Monde, disposant du don de la magie additive, résidant au Palais des Prophètes. Dirigées par la Dame Abesse, elles se sont octroyées la mission sacrée de former les possesseurs du don que les sorciers refusent de former (pour ne pas risquer de former un ennemi). Elles emploient des [Rada'Han]car la magie d’un jeune sorcier est trop puissante pour être régulée par une simple magicienne, elle cause des maux de têtes entrainant jusqu’à la mort sauf si le disciple porte un Rada’Han, qui va réguler leurs pouvoirs, ou s’ils sont formés par un sorciers qui calmera lui-même la magie de l’enfant.
  • Les Sœurs de l’Obscurité sont des Sœurs de la Lumière passées du côté du Gardien. Extrêmement puissantes, elles possèdent leur don originel (et parfois celui de sorciers à qui elles ont volé le don à l’aide d’un artefact appelé Quillion et en les échorchant vif). En se dévouant à la cause du Gardien, celui-ci leur a de plus octroyé la vocation pour la magie soustractive.
  • Les Inquisitrices (Confesseurs) sont des femmes dotées du pouvoir de détruire l’âme d’une personne par le pouvoir de l’amour. La victime devient alors son esclave, obéissant à tous les ordres. Elles sont dirigées par la Mère Inquisitrice qui s’occupe aussi de la coordination diplomatique des Contrées du Milieu.
    Créées à l’origine comme des armes pour discerner la vérité par les Sorciers de l’ancien temps, leur pouvoir ne peut être neutralisé ou annulé. Le pouvoir des Inquisitrices est limité par un temps de repos pour recharger celui-ci (sauf quand elles entrent dans la folie de la Rage de Sang, le
    Kun Dar
    ).
    Malheureusement, les fils des Inquisitrices sont incapables d’user de leur pouvoir avec mesure (celui-ci se rechargeant instantanément), poussés par leur désir de domination, et doivent être éliminés dès la naissance. Ils n’hésitent pas à soumettre les femmes à leur volonté pour profiter d’elles à loisir, donnant vie à des fils servant là même logique.
    Au début de l’histoire,
    Kahlan est la dernière Inquisitrice vivante.
  • Les Sourciers de vérité sont des hommes (ou des femmes) qui détiennent l’Épée de vérité mais surtout nommé par le Premier Sorcier pour leur capacité à chercher la Vérité (d’où la traduction de Chercheur [Seeker en anglais] de Vérité dans la première version française du tome 1 )).
  • Ceux qui marchent dans les rêves ont été créés comme des armes vivantes durant l’Antique Guerre par de puissants sorciers pour lutter contre leurs opposants dotés de pouvoirs magiques. Ils sont des descendants du peuple de Caska, à l’origine des Lanceurs de Rêves, capturés par les sorciers de l’Ancien Monde. Ils ont le pouvoir de rentrer dans les esprits durant les instants qui séparent deux pensées, y compris chez les êtres dotés de pouvoirs magiques, ce qui en font de redoutables armes. Quand ils rentrent dans l’esprit de quelqu’un, ils en font un pantin et peuvent leur infliger ce qu’ils veulent.
    Pour lutter contre ces armes vivantes, un sorcier du nom d’Alric Rahl créa le « lien », qui unit quiconque jure allégeance au seigneur Rahl officiel et protège de l’intrusion de ceux qui marchent dans les rêves.
    Jagang est, au moment de l’histoire, le marcheur de rêve dont la magie a été transmise par la trahison de Lothain.
  • Les Chapardeurs sont des armes humaines crées à partir d’un sorcier, leurs principale caractéristique est de pouvoir voler l’âme d’autrui. Ils sont particulièrement létaux, bien que leur rapidité d’exécution soit inférieure à celle d’un Marcheur de Rêve. Le seul avantage pour le reste du monde est que ceux-ci sont stériles. Nicholas en est le seul représentant à cette époque car ils ne peuvent pas se reproduire.
  • Les Mord’Sith sont les gardes du corps attitrées du Seigneur Rahl. Elles peuvent s’emparer d’un magicien ou d’un soricer si celui-ci emploie son pouvoir contre elles, elles retournent alors sa magie contre son expéditeur pour l’enchaîner en esclavage. Elles disposent d’un Agiel, outil magique destiné à procurer de la douleur (équivalente au feu de sorcier) et éventuellement à tuer.
    Cara, Denna et bien d’autres appartiennent à cette caste militaire dont la magie ne peut s’exprimer sans lien avec le Seigneur Rahl.
  • Les Hommes d’Adobe bénéficient du pouvoir d’invoquer les esprits des morts, comme d’autres peuples « sauvages » des Contrées du Milieu.
  • Les Baka Ban Mana, renommés plus tard Baka Tau Mana une fois qu’ils trouvent leur maître, ont le pouvoir mineur mais utile de neutraliser tous les sorts qui sont lancés sur eux. Ils vénèrent le Caharin qui doit venir pour libérer leur peuple. Celui-ci n’est autre que Richard Rahl, qui devient alors leur maître. Les guerriers de ce peuple fier sont des experts dans l’art du maniement de l’épée et de la lance, à un niveau équivalent aux chasseurs d’hommes du peuple d’Adobe.
  • Les Piliers de la création (ou trous dans le monde) sont des personnes totalement dépourvues du don de magie et immunisées contre elle (en effet, tout le monde détient une infime étincelle du don à l’exception d’eux). Jennsen Rahl et Oba Rahl (deux enfants de Darken Rahl) sont des Piliers de la création. Dans le tome 8, on découvre que les habitants de l’Empire de Bandakar sont eux aussi totalement dépourvus du don et constituent ainsi un peuple entier de « piliers de la création ». Les habitants de cet empire ayant été bannis du Nouveau Monde après l’ancienne guerre pour éviter de faire disparaître complètement la magie. Alric Rahl, pour que le lien continue d’exister, avait besoin d’un descendant possédant le Don. Avec sa magie, il a fait en sorte qu’au moins un de ses descendants en soit muni. Un équilibre s’est instauré : en contre-partie, certains enfants Rahl seraient des Piliers de la Création. Tous les Piliers de la Création sont donc des descendants de la lignée Rahl.

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LES CREATURES MAGIQUES

Différents monstres, tous plus dangereux les uns que les autres, peuplent les contrées du Nouveau Monde. Mais ils existent aussi une multitude d’espèces animales (et même végétales) intelligentes, douées de magies et inoffensives.

Chiens à cœur 
sortes de chiens-loups, mais bien plus puissants que les deux espèces réunies. Aussi grands que des chevaux, leurs mâchoires peuvent arracher un bras. Ils sont nommés ainsi car ils repèrent leurs proies grâce aux battements de son cœur et raffolent du cœur de leurs victimes. À l’époque de la frontière, ils peuplaient essentiellement les abords de celle-ci. Ils ne supportent pas l’eau et plusieurs fois ont abandonné des poursuites de Richard et ses compagnons à cause de cela (traduit également par « molosse de cœur »).
Dragon rouge 
créatures indépendantes avec une conscience propre. Dans L’Épée de vérité, les dragons rouges sont les plus dangereux de leurs catégories. Doués d’intelligence, Richard a réussi à devenir ami avec une femelle, Écarlate, et à s’en faire une alliée ; il s’agit cependant d’une exception. Le fils d’Écarlate, Gregory, l’aidera dans sa tâche de sauver le monde magique.
Flamme-nuit 
petite créature vouée au bien, les flamme-nuit ressemblent à une flamme. L’une d’elle (Shar) aide Kahlan à traverser la frontière entre les Contrées du Milieu et Terre d’Ouest.
Garns 
prédateurs ailés munis de crocs acérés et de griffes tranchantes, ils ont des bras puissants et sont couverts de fourrure sauf sur le poitrail où ils se barbouillent de sang pour leurs mouches. Ce sont de puissants prédateurs. Deux races de garns existent : ceux à queue longue, à l’intelligence très limitée, et ceux à queue courte, plus redoutables encore, car ils possèdent une capacité de réflexion surprenante. Pour chasser, les garns utilisent des mouches particulières, les mouches à sang : liées à eux, elles rabattent le gibier en le piquant douloureusement, l’obligeant à dévoiler sa cachette. Les garns à queue courte comptent régulièrement leurs mouches, afin de savoir si un gibier à proximité a tué une des mouches pour ne pas être repéré.
Les garns ont été créés (comme les inquisitrices) par les ancêtres de Richard (les sorciers Rahl) pour lutter contre les Mriswiths.
D’ailleurs, un garn à queue courte nommé Gratch est un ami fidèle de Richard, depuis que ce dernier l’a recueilli et élevé après avoir tué sa mère dans un geste d’auto-défense (traduit également par Graz).

Grinceurs 
créatures du royaume des morts au corps squelettique recouvert d’une peau en partie décomposée de couleur noire. Elles se définissent par un rire perçant, à l’origine de leur appellation. Elles possèdent des yeux noirs reflétant la lumière. Elles sont insensibles à la douleur et à la magie additive, ne craignent pas le feu, et sont également très rapides. Elles possèdent de longues griffes ainsi que des crocs acérés. Elles repèrent leurs proies à leur immobilité ou à leur fuite (course), la marche de celles-ci les perturbant. Le seul moyen de les vaincre est de les mettre en pièces. Elles sont uniquement présentes dans le tome 2.

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Mriswiths 
autrefois des sorciers de guerre, ils ont échangé leur don contre l’invisibilité et la célérité. Ils sont capables de se fondre dans le décor grâce à leur cape. Ils ont la tête couverte de peau et le reste du corps couvert d’écaille. Leur bouche est garnie de dents effilées. Ils ont pour armes deux Yabree attachés à leurs poignets, sorte de griffes à trois lames qu’ils utilisent pour éventrer leurs ennemis.

Ombres 
ce sont des créatures vivant dans le royaume des morts et donc dans les frontières. Elles peuvent être invoquées dans le monde réel (par exemple avec la pierre de nuit) et sont immatérielles. Un simple contact avec une ombre est mortel.
Skrins 
des créatures du royaume des morts, dont la tâche est de protéger l’équilibre entre le royaume des morts et celui des vivants en protégeant le voile. Elles sont extrêmement résistantes et très puissantes. A priori, aucun être humain n’est en mesure de lutter contre une telle créature.

Les leçons du sorcier

1/ Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité. » Richard mettra en application cette règle pour défaire Darken Rahl.

2/ Les pires maux découlent des meilleures intentions. » On retrouve ici le proverbe : « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». La règle trouve son application de trois manières différentes : l’utilisation de la Première leçon du sorcier contre Darken Rahl qui permit à la Pierre des Larmes de se retrouver dans le monde des vivants, l’enlèvement de Richard par les Sœurs de la Lumière, la destruction des tours de la perdition entre le Nouveau et l’Ancien Monde.

3/ La passion domine la raison. » La règle est un avertissement, un garde-fou : la passion fanatise et rend aveugle à tout raisonnement.

4/ Absoudre, c’est donner aux autres. Mais aussi recevoir d’eux plus que ce qu’on leur a offert. »  Richard découvre cette règle dans le Temple des Vents. Elle lui permettra de revenir dans le monde des vivants. La règle est énoncée par le sorcier tué par Shota. On la retrouve aussi dans la préquelle Dette d’Os : Zedd retrouve sa fille vivante alors qu’il souhaitait juste au départ sauver celle d’Abby.

5/ Rappelle toi ce que les gens font, et pas seulement ce qu’ils disent, car les actes trahiront un mensonge. » La règle illustre la propagande abusive de la philosophie de l’Ordre.

6/ Le seul souverain dont on doit accepter le joug est la raison. » Une règle qui permettra à Richard d’endurer son séjour forcé en Altur Rang.

7/ La vie est le futur, pas le passé. » Énoncée par Richard à l’attention de sa demie-sœur, elle indique que les actes d’un parent ne doivent pas préjudicier à ses descendants.

8/ Mérite la victoire. » On retrouve ici le proverbe : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Richard donnera ainsi une véritable victoire au peuple des vaincus.

9/ Une contradiction ne peut exister, ni en partie, ni en entier. » L’existence même de Kahlan demeure certaine pour Richard grâce à cette règle. Énoncé par Zedd lorsque Richard creuse la tombe de Khalan et découvrant un cadavre.

10/ S’écarter volontairement de la vérité est une trahison envers soi même. » La recherche de la vérité pour Richard est un gage de foi et de confiance en soi qu’il lui faut préserver.

11/ La dernière règle n’est pas une règle écrite, contrairement aux précédentes.

LES ROMANS

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Chapitre premier

— Tout ce sang est le sien ? demanda une voix féminine.
— J’ai bien peur que oui, répondit une autre.
Alors que Richard mobilisait toutes ses forces pour ne pas s’évanouir, les propos des deux femmes qui marchaient à côté de lui semblaient venir de très loin.
Qui étaient ces personnes ? Il n’aurait pu le dire avec certitude. Il les connaissait, il le savait, mais leur identité, pour l’instant, n’avait aucune espèce d’importance.
La douleur qui lui déchirait le côté gauche à chaque inspiration l’avait poussé jusqu’aux frontières de la panique. Au prix d’un effort surhumain, il parvenait à se contrôler assez pour satisfaire son désir d’inhaler de l’oxygène.
Pourtant, ce n’était pas son plus grave sujet d’inquiétude.
Richard voulut parler à ses compagnes et aux hommes qui le portaient de l’angoisse qui lui nouait les entrailles, mais les mots refusèrent de se former dans sa gorge et il réussit seulement à produire un piteux gémissement.
Il prit le bras d’une des femmes. Bon sang ! il fallait que ces gens s’arrêtent et l’écoutent ! Hélas, l’idiote ne comprit pas ce qu’il désirait et crut malin d’ordonner aux hommes de presser le pas. Ces pauvres types étaient déjà à bout de souffle et ils avaient de plus en plus de peine à avancer sur le sol rocheux, dans les ombres d’une forêt de pins géants. Depuis le début, ils tentaient de ne pas trop secouer le blessé, mais ils n’avaient jamais osé ralentir pour récupérer un peu.
Dans le lointain, un coq lança son cocorico habituel, comme s’il s’était agi d’un matin ordinaire.
Richard observait avec un étrange détachement tout ce qui se passait autour de lui, y compris la frénétique activité de ses sauveteurs. Seule la douleur lui paraissait réelle. Un jour, se souvint-il, quelqu’un avait dit devant lui qu’on mourait toujours seul, quel que fût le nombre de gens présents autour de soi. Eh bien, c’était en train de lui arriver, semblait-il…
Lorsque le petit groupe sortit des bois pour déboucher dans un champ constellé de touffes d’herbe, Richard aperçut le ciel plombé d’où se déverseraient bientôt des trombes d’eau. Un orage compliquerait encore les choses, c’était évident. Si la pluie voulait bien attendre encore un peu…
Richard distingua soudain la façade en bois brut d’un petit bâtiment, puis une clôture de jardin presque entièrement décolorée par les intempéries. Affolées, des poules détalèrent pour ne pas être piétinées par les intrus qui venaient d’entrer dans le jardin.
Un peu partout, des voix masculines criaient des ordres.
Trop occupé à lutter contre la souffrance, car il ne devait à aucun prix perdre conscience, Richard aperçut à peine les visages décomposés des gens qui le regardaient passer.
Il aurait juré qu’on lui déchiquetait les entrailles de l’intérieur. C’était abominable.
Fendant la foule, les sauveteurs arrivèrent devant une petite porte, l’ouvrirent et entrèrent dans une pièce obscure.
— Posez-le là ! cria la première femme. Oui, là, sur la table !
La voix de Nicci, reconnut enfin Richard. Mais que faisait-elle ici ?
Quelqu’un balaya d’un revers de la main les gobelets d’étain posés sur la table. En s’écrasant sur le sol, ils produisirent un étrange tintement métallique. Des objets plus petits, peut-être des couverts, subirent le même sort. Puis un grand bruit signala qu’on venait d’ouvrir les volets pour laisser entrer la lumière grisâtre du jour.
Richard supposa qu’il se trouvait dans une ferme abandonnée aux murs inclinés selon un angle bizarre, comme s’ils avaient du mal à tenir debout. Sans ses occupants habituels, qui lui donnaient la vie, ce lieu semblait attendre la destruction et la mort.
Les hommes qui tenaient les bras et les jambes du Sourcier le soulevèrent délicatement puis le posèrent sur le plateau en bois grossièrement taillé de la table.
Le flanc gauche de Richard le torturait tellement qu’il faillit décider de retenir sa respiration aussi longtemps que possible. Mais pour pouvoir parler, il avait besoin d’air, c’était une loi incontournable.
Dehors, un éclair illumina le ciel. Une seconde plus tard, le tonnerre fit trembler les murs de la bicoque.
— Nous avons eu de la chance d’arriver ici avant la pluie, dit un des hommes.
Nicci hocha distraitement la tête puis se pencha sur Richard et lui palpa soigneusement le torse. Hurlant de douleur, le blessé se débattit pour échapper à cet examen pourtant indispensable. Avec une force étonnante, la seconde femme lui plaqua les épaules contre le bois.
Richard tenta encore de parler - cette fois, il faillit réussir, mais une quinte de toux ruina tous ses efforts.
La femme qui lui tenait les épaules le lâcha d’une main pour lui faire tourner la tête sur le côté.
— Crachez ! lança-t-elle en se penchant sur lui.
Terrorisé parce que l’air semblait ne plus vouloir pénétrer dans ses poumons, Richard obéit. La femme lui enfonça les doigts dans la bouche, l’aidant à expectorer assez de sang pour dégager un peu ses voies respiratoires.
Tandis qu’elle sondait la chair, autour de la blessure, Nicci lâcha un abominable juron.
Puis elle murmura :
— Esprits du bien, faites qu’il ne soit pas déjà trop tard…
— Je n’ai pas osé retirer le projectile, dit l’autre femme pendant que Nicci déchirait la chemise imbibée de sang du Sourcier. Je ne savais pas si c’était une bonne idée, alors j’ai préféré ne pas y toucher et partir à votre recherche.
— Une excellente initiative, répondit Nicci en glissant les mains sous le dos de Richard. Si tu avais fait ça, il serait mort depuis un bon moment.
— Mais vous pouvez le guérir ?
Une supplication bien plus qu’une question…
… D’ailleurs, Nicci ne prit pas la peine de répondre.
— Oui, vous pouvez le guérir…, grogna l’autre femme entre ses dents serrées.
Un ton menaçant unique entre tous… C’était Cara, Richard en aurait mis sa tête à couper. Il n’avait pas eu le temps de lui parler avant l’attaque. Mais à l’évidence, elle devait savoir. Dans ce cas, pourquoi ne disait-elle rien ? Elle aurait pu si facilement apaiser ses inquiétudes.
— Sans lui, dit un des hommes, nous aurions été pris par surprise. En attaquant les soldats qui allaient lancer l’assaut, il nous a tous sauvés.
— Il faut le tirer de là ! lança un autre type.
Nicci eut un grand geste impatient.
— Dehors, tous ! Cette pièce est minuscule et j’ai besoin de toute ma concentration.
La foudre et le tonnerre firent écho à ces paroles, comme si les éléments refusaient d’accéder aux désirs de celle qu’on surnommait naguère la Maîtresse de la Mort.
— Cara viendra nous avertir dès qu’il y aura du nouveau ? demanda un troisième homme.
— Oui, oui… Allez ! filez d’ici !
— Et assurez-vous que d’autres soldats ne se préparent pas à nous attaquer, lâcha froidement Cara. Au cas où il y en aurait, ne vous montrez pas ! En ce moment, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’être découverts.
Les hommes jurèrent d’obéir à la Mord-Sith. Puis ils ouvrirent la porte, laissant entrer un peu plus de lumière blafarde, et sortirent comme des fantômes - à croire que les esprits du bien eux-mêmes avaient décidé d’abandonner le Sourcier.
En passant, un homme tapota brièvement l’épaule de son chef pour le réconforter et lui donner courage.
Richard reconnut vaguement le brave combattant et se souvint qu’il n’avait pas vu tous ces gens depuis un bon moment.
Eh bien, les retrouvailles étaient pour le moins bizarres…
La pénombre revint dans la pièce dès que le dernier sauveteur eut refermé la porte derrière lui. Par une journée si morose, la lumière qui filtrait de la fenêtre ne suffisait pas…
Richard était en chemin pour rencontrer Nicci quand des troupes de l’Ordre Impérial avaient attaqué son campement. Venus écraser l’insurrection contre le règne sanglant de Jagang, ces soldats ne reculaient devant aucune atrocité. Juste avant de les affronter, Richard avait pensé qu’il devait absolument rejoindre Nicci. Car elle seule pouvait l’aider - une ultime étincelle d’espoir dans un océan d’obscurité et d’angoisse.
À présent, il devait trouver un moyen de la forcer à l’écouter.
Alors qu’elle se penchait un peu plus, sa main glissant le long du dos de Richard pour déterminer si la pointe du projectile était ressortie, il parvint à saisir la manche de sa robe noire et à tirer dessus.
Ses doigts étaient rouges de sang, constata-t-il. Et chaque fois qu’il toussait, un liquide chaud coulait sur son menton.
— Richard, tout va bien se passer, alors, reste tranquille…
Les longs cheveux blonds de Nicci ondulèrent sur ses épaules quand le Sourcier la tira un peu plus près de lui.
— Je suis là… Calme-toi ! Allons, je ne te laisserai pas… Ne bouge pas et fais-moi confiance…
Malgré les efforts qu’elle produisait pour la dissimuler, l’angoisse faisait trembler la voix de la jeune femme et voilait ses magnifiques yeux bleus embués de larmes.
Cette blessure risquait de dépasser ses compétences de guérisseuse, elle devait le savoir au moins aussi bien que Richard. Du coup, il était plus important encore qu’il lui parle !
Il essaya, mais l’air lui manqua de nouveau. Grelottant de froid, à bout de souffle, il parvenait à peine à gémir.
Pourtant, il ne devait pas mourir. Pas ici, et encore moins maintenant !
À cette idée, des larmes perlèrent à ses paupières.
Il tenta de lever la tête, mais Nicci le poussa doucement en arrière.
— Seigneur Rahl, dit Cara, tenez-vous tranquille, je vous en supplie ! (Elle décrocha la main de Richard du tissu noir et la serra très fort.) Nicci va s’occuper de vous et tout ira bien. Laissez-la vous soigner, c’est vital !
Contrairement à Nicci, dont la crinière cascadait en liberté sur ses épaules, Cara arborait une longue tresse blonde. Si inquiète et angoissée qu’elle fût, la Mord-Sith restait l’image même d’une guerrière à la volonté et au courage indomptables. Alors qu’il s’enfonçait dans les sables mouvants de la terreur, Richard s’accrochait comme à une planche de salut à la force tranquille de son amie.
— La pointe n’a pas traversé, annonça Nicci en retirant la main de sous le dos du blessé.
— Je vous l’avais dit… Il a réussi à dévier un peu le projectile avec son épée. C’est encourageant, non ? La situation serait pire si la pointe était ressortie…
— Absolument pas…
— Quoi ? Que voulez-vous dire ?
— C’est un carreau d’arbalète, pas une flèche munie d’une longue hampe… Si la pointe avait traversé, ou presque, il suffirait de pousser, de casser le bois juste avant la tête de fer barbelé, puis de retirer la hampe courte de la plaie.
Nicci préféra ne pas décrire ce qu’il fallait faire quand on n’avait pas cette chance.
— Il ne saigne pas trop, dit Cara. Au moins, nous avons enrayé l’hémorragie.
— Extérieurement, oui…, concéda Nicci. Mais elle continue à l’intérieur de son corps, et son poumon gauche est plein de sang.
Cette fois, ce fut Cara qui saisit la manche de la robe noire.
— Vous allez intervenir, n’est-ce pas ? Vous devez…
— Bien sûr que je vais agir ! cria Nicci avant de se dégager sans douceur.
Richard gémit de douleur. Malgré tous ses efforts, il s’enfonçait de plus en plus dans les sables mouvants de la peur.
Nicci lui posa une main sur la poitrine pour le réconforter et le forcer à ne pas bouger.
— Cara, pourquoi n’irais-tu pas attendre dehors avec les autres ?
— N’y comptez pas ! Je ne sortirai pas d’ici, c’est bien compris ?
Nicci soutint un moment le regard de la Mord-Sith, soupira d’agacement, puis détourna la tête et saisit entre le pouce et l’index la petite partie de la hampe du carreau qui dépassait du flanc de Richard.
Richard sentit la magie de son amie courir le long du bois puis dans la pointe de fer. Comme sa voix si curieusement douce, il aurait reconnu entre mille le contact du pouvoir de son ancienne ennemie.
Il devait parler très vite ! Lorsqu’elle aurait commencé de le soigner, nul ne pourrait dire quand il reviendrait à la conscience.
S’il y revenait un jour.
Mobilisant toutes ses forces, Richard se redressa, saisit le col de la robe noire, tira Nicci vers lui et plaqua la bouche contre son oreille.
Il devait demander si quelqu’un savait où était Kahlan. Si personne ne pouvait répondre, Nicci l’aiderait à la retrouver.

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Chapitre premier

— Tu savais qu’ils étaient là, n’est-ce pas ? souffla Kahlan en se penchant en avant.
Dans le ciel à demi obscur, elle distinguait encore les silhouettes de trois coureurs à plumes à pointe noire qui venaient de prendre leur envol. Les oiseaux commençaient leur chasse nocturne. Voilà pourquoi Richard s’était arrêté, sondant le ciel pendant que les autres attendaient dans un silence angoissé.
— Oui, répondit le Sourcier. (Il tendit un bras derrière son épaule sans prendre la peine de tourner la tête.) Il y en a deux autres par là…
Kahlan plissa en vain les yeux pour mieux voir entre les rochers obscurs.
Saisissant le pommeau de son épée entre le pouce et l’index, Richard souleva l’arme pour s’assurer qu’elle coulissait bien dans son fourreau. Alors qu’il laissait retomber la lame, un dernier rayon de soleil vint jouer sur sa cape dorée.
À la lumière du crépuscule, la puissante silhouette du Sourcier évoquait irrésistiblement celle d’un fantôme composé d’ombre et de mystère.
Deux nouveaux oiseaux géants passèrent au-dessus de l’Inquisitrice et de son compagnon. Le plus grand, les ailes déployées au maximum, lâcha un cri perçant et décrivit un cercle au-dessus des voyageurs immobiles. Puis il reprit son vol vers l’ouest, à la suite de ses camarades.
Cette nuit, les prédateurs feraient un festin.
Kahlan supposa que Richard, tout en regardant les oiseaux, pensait au demi-frère dont il avait ignoré l’existence jusqu’à très récemment. Cet homme gisait désormais sous un rocher, à un jour de cheval vers l’ouest, dans un endroit tellement brûlé par le soleil que fort peu de gens osaient s’y aventurer. Et parmi ces rares téméraires, moins encore en revenaient pour raconter ce qu’ils avaient vu.
La chaleur, pourtant, n’avait pas été le pire dans cette aventure…
Au-delà de la Fournaise du Gardien, la lueur agonisante du jour venait se briser sur une chaîne de montagnes aux pics si noirs qu’ils semblaient avoir été carbonisés par les flammes éternelles du royaume des morts. Aussi sombres que ces monts et au moins aussi implacables et dangereux, les cinq oiseaux de proie paraissaient s’être lancés à la poursuite de la lumière fuyante du soleil.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda Jennsen.
Debout à côté de son frère, la jeune femme ne cachait pas sa stupéfaction.
— Des coureurs à plumes à pointe noire…, répondit Richard.
Un nom que Jennsen n’avait jamais entendu…
— J’ai souvent vu des faucons ou des éperviers, dit-elle, mais j’ignorais que certains rapaces chassaient la nuit. À part les hiboux, bien entendu, et ces oiseaux-là n’en sont pas.
Sans quitter les coureurs des yeux, Richard s’accroupit, collecta quelques petits cailloux sur le sol et les secoua doucement dans son poing à demi fermé.
— Je n’avais jamais vu ces animaux avant de venir ici, dit-il. D’après ce qu’on dit, ils sont apparus il y a un an ou deux. La chronologie varie selon la personne qui raconte l’histoire… Mais tout le monde est d’accord pour affirmer que c’est très récent.
— Un an ou deux…, répéta Jennsen, pensive.
Bien qu’elle n’en eût aucune envie, Kahlan se remémora les sinistres histoires qu’ils avaient entendues. Des rumeurs, des murmures terrifiés…
Richard laissa retomber les cailloux sur le sol rocheux.

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— Ces oiseaux sont de la famille des faucons, je crois…
Jennsen se pencha pour caresser la tête de Betty, sa chèvre, qui se pressait tendrement contre ses jupes.
— Ce ne sont pas des faucons… Ils sont beaucoup trop gros…
Les deux chevreaux de Betty, des jumeaux blancs comme la neige, se blottissaient contre le ventre rond de leur mère. D’habitude, quand ils n’étaient pas occupés à dormir ou à téter, ils gambadaient inlassablement…
— Ces oiseaux sont plus gros que des éperviers et même que des aigles dorés. Aucun rapace n’atteint une taille pareille.
Quittant enfin les coureurs des yeux, Richard se pencha à son tour pour cajoler les chevreaux effrayés. L’un des deux, avide de réconfort, leva les yeux, sortit timidement sa petite langue rose et, non sans hésiter, posa un minuscule sabot noir dans la paume tendue du Sourcier.
Du pouce, Richard caressa la patte couverte de poils blancs du petit animal.
Attendri par le manège du chevreau, il sourit et tourna la tête vers sa demi-sœur.
— Tu préfères ne pas en croire tes yeux, si je comprends bien ?
Jennsen lissa doucement les oreilles tombantes de Betty.
— J’ai tous les poils de la nuque hérissés, après avoir aperçu ces monstres… Difficile de nier la réalité, quand on a ce genre de réaction…
Richard posa les mains sur ses genoux et scruta un moment l’horizon menaçant.
— Les coureurs ont un corps couvert de plumes soyeuses, une tête ronde et de longues ailes pointues. Exactement comme tous les faucons que j’ai vus. En général, leur queue se déploie quand ils prennent de l’altitude, mais elle se replie dès qu’ils volent en ligne droite.
Jennsen approuva du chef comme si cette description lui disait quelque chose.
Pour Kahlan, tous les oiseaux se ressemblaient. Mais ceux-là, avec leur bréchet rayé de rouge et leurs plumes pourpres à la pointe noire, se détachaient de l’ordinaire, même à ses yeux.
— Ils sont rapides, puissants et très agressifs, ajouta Richard. J’en ai vu un rattraper sans peine un faucon de la prairie et le saisir entre ses serres en plein vol.
Jennsen sembla stupéfiée par ce récit.
Ayant grandi dans les immenses forêts de Terre d’Ouest — adulte, il était même devenu guide forestier —, Richard en savait long sur la flore et la faune. Cette culture très particulière paraissait exotique aux yeux de Kahlan, née et élevée dans un somptueux palais des Contrées du Milieu. Cela dit, elle aimait que son mari lui fasse partager son savoir et lui communique sa passion de la nature.
Bien entendu, Richard était désormais beaucoup plus qu’un simple guide. Quand elle repensait à leur rencontre, dans la forêt de Terre d’Ouest, Kahlan aurait juré qu’une éternité s’était écoulée depuis. En réalité, cet événement remontait à un tout petit peu plus de deux ans et demi…
Aujourd’hui, ils étaient très loin des forêts de Richard et du merveilleux palais de Kahlan. S’ils avaient pu choisir, ils auraient opté sans hésiter pour la terre natale du Sourcier ou pour celle de l’Inquisitrice.
Et à défaut, pour n’importe quel endroit, à part celui où ils étaient ! Mais au moins, ils y voyageaient ensemble…
Après tout ce que Richard et elle avaient enduré – les périls, les angoisses, la tristesse de perdre des alliés et des amis –, Kahlan savourait chaque minute passée en compagnie de son bien-aimé, même au milieu d’un territoire hostile.
En plus de se découvrir un nouveau demi-frère, le Sourcier avait appris l’existence de sa demi-sœur Jennsen.
Comme Richard, la jeune femme avait grandi dans les bois et elle se réjouissait que son frère et elle aient un point commun si déterminant.

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Fascinée par le passé du Sourcier, elle ne cachait pas non plus son intérêt émerveillé pour la jeunesse et les années de formation de Kahlan, entre les murs du Palais des Inquisitrices, au cœur de la lointaine et mystérieuse cité d’Aydindril.
Si Jennsen n’avait pas la même mère que Richard, tous deux avaient été engendrés par Darken Rahl, un tyran au cœur de pierre. Plus jeune que son frère – vingt ans à peine passés –, la jeune femme avait de magnifiques cheveux roux et des yeux bleu azur. Comme tous les enfants de Darken Rahl, elle arborait des traits d’une beauté proche de la perfection. Mais chez elle, la cruauté liée à la lignée Rahl était gommée par l’héritage maternel – sans même parler de son caractère doux et avenant, si bien adapté à sa délicieuse féminité.
Au fond, il en allait de même pour Richard. Si son regard de prédateur attestait de son lien avec Darken Rahl, son comportement et sa manière de poser sur le monde ses magnifiques yeux gris n’appartenaient qu’à lui.
— J’ai vu des faucons déchiqueter de petits animaux, dit Jennsen, et je déteste penser qu’il existe des rapaces si gros. Surtout quand ils volent par cinq…
Betty semblait tout à fait d’accord avec cette analyse.
— Cette nuit, nous monterons la garde à tour de rôle, annonça Kahlan, apaisant les angoisses sous-jacentes de Jennsen.
Même s’il n’y avait pas eu d’autres raisons de prendre cette précaution, la menace représentée par les rapaces aurait suffi…
Dans un silence irréel, des ondes de chaleur montaient des rochers qui entouraient les six voyageurs. Pour sortir de la vallée puis traverser la plaine qui l’entourait, ils avaient dû avancer à un bon rythme, mais aucun d’eux ne s’en était plaint. En revanche, la chaleur avait flanqué une terrible migraine à Kahlan. Si fatiguée qu’elle fût, l’Inquisitrice savait que Richard, lui, était au bord de l’épuisement. Ces derniers temps, il avait très peu dormi, et cela se voyait dans ses yeux, même s’il parvenait à donner le change pour le reste du groupe.
Soudain, la jeune femme comprit pourquoi elle avait les nerfs à fleur de peau. Le silence la rendait folle ! Pas de cris de coyote, de hurlements de loup, de battements d’ailes de chauve-souris. Pas davantage d’échos de l’activité furtive des ratons laveurs ou des campagnols. Pour tout dire, on n’entendait même pas bourdonner les insectes…
D’habitude, un tel silence indiquait l’imminence d’un danger. Ici, cela signifiait simplement qu’il n’y avait pas l’ombre d’une créature vivante à des lieues à la ronde. Seuls les fous s’aventuraient dans ce coin perdu du monde. Comme ils n’étaient pas si nombreux que ça, la nuit y était aussi silencieuse que le firmament étoilé.
Malgré la chaleur, Kahlan frissonnait comme si elle était transie de froid. Un effet de ce silence de mort…
Elle jeta un dernier coup d’œil aux cinq monstres ailés, à peine visibles à l’horizon occidental. Ces oiseaux non plus ne s’attarderaient pas en un lieu auquel ils n’appartenaient pas.
— Croiser des créatures si menaçantes est angoissant, dit Jennsen, surtout quand on ignorait jusqu’à leur existence. (Elle se passa une main sur le front pour essuyer la sueur et continua :) J’ai entendu dire que c’est un mauvais présage, au début d’un voyage, quand un oiseau de proie vous survole comme ça…
Après avoir tenu sa langue un long moment, Cara céda à son naturel et lança :
— Qu’on me laisse approcher de ces oiseaux, et je les plumerai comme de vulgaires poules ! (La Mord-Sith secoua la tête, faisant osciller sa tresse blonde – un attribut de sa profession.) On verra ce qu’ils valent, à ce moment-là! 
Cara arborait une expression sinistre chaque fois qu’elle levait les yeux vers les oiseaux. Vêtue d’un grand manteau bleu foncé, la Mord-Sith était encore plus impressionnante qu’à l’accoutumée.
Lorsqu’il avait récupéré la couronne de D’Hara – la plus grande surprise de sa vie –, le Sourcier avait découvert que Cara et toutes ses collègues faisaient partie de l’héritage. Par moments, ce n’était pas vraiment un cadeau…
Richard rendit le petit chevreau à sa mère, se redressa et passa les pouces dans sa ceinture où étaient accrochées des sacoches et des bourses. Les serre-poignets couverts d’énigmatiques runes qu’il portait en permanence reflétèrent brièvement la lumière mourante du jour.
— Jadis, un faucon a volé en cercle autour de moi au début d’un voyage, annonça-t-il.
— Et qu’est-il arrivé ? demanda Jennsen, pleine d’espoir.
À coup sûr, son frère allait réduire en miettes la vieille superstition.
— Eh bien, j’ai fini par épouser Kahlan, répondit Richard avec un grand sourire.
Cara croisa les bras, l’air têtue.
— Ça prouve seulement que le mauvais présage était pour la Mère Inquisitrice et pas pour vous, seigneur Rahl !
Sans cesser de sourire, Richard passa un bras autour de la taille de sa femme, qui se serra tendrement contre lui. Leur mariage était la chose la plus extraordinaire et la plus inattendue qui lui fût arrivée. Normalement, l’amour était interdit aux Inquisitrices. Grâce à Richard, elle avait pu en rêver… et réaliser ce rêve…
La jeune femme frissonna de nouveau. D’angoisse, cette fois… En combien d’occasions avait-elle cru que Richard était mort ou perdu à jamais ? Des mois entiers, elle s’était languie de lui, prête à donner tout ce qui était cher à ses yeux pour être avec lui ou simplement savoir qu’il allait bien.
Regardant Richard et Kahlan, Jennsen constata avec soulagement que les deux jeunes gens ne s’offusquaient pas de la remarque acide de Cara. Pour une observatrice extérieure, surtout une D’Harane, il semblait impossible qu’une Mord-Sith ose se moquer ainsi de son seigneur. Mais bien des choses avaient changé dans l’ancien royaume de Darken Rahl…
Et si les Mord-Sith continuaient de protéger le seigneur Rahl au péril de leur vie, ce n’était plus une obligation, mais un choix. Par son irrévérence, et si paradoxal que ce fût, Cara rendait un vibrant hommage à l’homme qui lui avait rendu son libre arbitre.
Sans que nul ne les y force, les Mord-Sith avaient décidé d’être les gardes du corps de Richard. Pour être franc, le Sourcier lui-même n’avait pas eu son mot à dire. Très sûres d’elles-mêmes, les femmes en cuir rouge se fichaient comme d’une guigne des ordres de leur maître, sauf quand ils leur semblaient vraiment importants. Mais l’essentiel, à leurs yeux, restait la sécurité du seigneur Rahl, une préoccupation qui avait la priorité sur toutes les autres.
Avec le temps, Cara était devenue pour Richard et Kahlan une amie et un membre de la famille.
Une famille qui venait de s’étendre, ces derniers jours…
Jennsen n’en revenait pas d’avoir été si bien accueillie. Toute sa vie, elle s’étaii cachée en crevant de peur que son père, le seigneur Rahl, la découvre et la fasse tuer comme tous ses autres rejetons dépourvus du don…
Richard leva un bras pour indiquer à Tom et à Friedrich, restés en arrière avec le chariot et les chevaux, que le petit groupe camperait ici. Tom agita une main en guise de réponse et commença de détacher son attelage.
Incapable d’apercevoir plus longtemps les cinq coureurs dans le ciel obscur, Jennsen se tourna vers Richard :
— Si j’ai bien compris ce que tu as dit, ces monstres ont des plumes à pointe noire…
Sans laisser au Sourcier le loisir de répondre, Cara lâcha d’une voix sinistre :
— On croirait que la mort elle-même suinte de leurs plumes, comme si le Gardien en personne les utilisait pour rédiger ses sentences de mort.
La Mord-Sith détestait sentir la présence de ces oiseaux à proximité de Richard et de Kahlan.
Pour être franche, l’Inquisitrice partageait ce point de vue.
Jennsen détourna les yeux de Cara, dont la tension la mettait mal à l’aise, et interrogea son demi-frère :
— Ces oiseaux sont une source de… hum… problèmes ?
L’estomac noué par cette question, Kahlan se plaqua un poing sur le ventre.
— Les coureurs nous traquent, répondit Richard en soutenant le regard troublé de sa sœur.

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Chapitre premier

En fouillant dans les poches du cadavre, Jennsen Daggett découvrit la dernière chose au monde quelle se serait attendue à trouver. Très surprise, elle s’assit sur les talons, et, tandis qu’un vent mordant ébouriffait ses cheveux, regarda fixement les deux mots écrits en lettres capitales sur le petit morceau de parchemin - qui avait été plié en quatre avec une grande précision, afin que les bords se recoupent au centième de pouce près.
Jennsen cligna des yeux, comme si elle espérait que les mots disparaissent. Mais ils restèrent bien présents, car ils n’avaient rien d’une illusion
.

                

Si absurde que fût cette idée, la jeune femme continuait à redouter que le soldat mort soit en train de l’épier, à l’affût de sa moindre réaction. Prenant garde à rester impassible malgré la tempête qui faisait rage en elle, Jennsen sonda les yeux du mort. Ils étaient voilés et ternes, constata-t-elle. Certains défunts, disait-on, semblaient tout simplement endormis. Ce n’était pas le cas de cet homme aux yeux éteints, aux lèvres déjà bleues et à la peau cireuse. À l’arrière de son cou de taureau, une grosse rougeur tournait déjà au violet.
Comment aurait-il pu épier Jennsen ? Ce soldat ne voyait plus rien, c’était évident. Mais avec sa tête tournée vers la jeune femme, on aurait pu croire qu’il la fixait. En tout cas, elle pouvait l’imaginer.
Au sommet de la falaise, derrière elle, les branches nues des arbres malmenés par le vent se heurtaient en cliquetant sinistrement comme des os. Le morceau de parchemin, entre les doigts de Jennsen, semblait vibrer au même rythme, et elle sentait les pulsations de son cœur, déjà emballé, s’accélérer encore.
La jeune femme avait un esprit clair et logique et elle en était très fière. À l’évidence, aujourd’hui, elle se laissait emporter par son imagination. Mais c’était le premier mort qu’elle voyait : un être humain immobile au point d’en devenir grotesque. Ce soldat ne respirait plus, et c’était tout simplement terrifiant.
Jennsen inspira à fond pour contrôler les mouvements de sa poitrine. Si elle ne pouvait rien pour ses nerfs, qui menaçaient de craquer, elle gardait une certaine emprise sur son corps.
Même s’il était mort, elle n’aimait pas que ce type la regarde ! Se levant, elle tira sur l’ourlet de sa robe, contourna le cadavre puis replia le morceau de parchemin en quatre, comme lorsqu’elle l’avait trouvé, et le rangea dans sa poche. Elle s’inquiéterait de cela plus tard, même si elle devinait comment sa mère réagirait aux deux mots écrits en lettres capitales
.

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Décidée à en terminer vite, elle s’agenouilla de l’autre côté du mort et continua sa fouille. À présent, le soldat semblait regarder la corniche d’où il était tombé, à croire qu’il cherchait à savoir comment il avait pu finir, la nuque brisée, au pied de la paroi rocheuse qu’il longeait.
Le manteau du mort n’avait pas de poches. Deux sacoches pendaient à sa ceinture. La première contenait une fiole d’huile, des pierres à aiguiser et une bande de cuir à rasoir. L’autre était remplie de morceaux de viande séchée. Aucune des deux n’apprit quelque chose à Jennsen sur l’identité du cadavre.
S’il avait été plus malin, comme elle, il aurait suivi le chemin le plus long, au pied de la falaise, plutôt que de passer par la corniche, très dangereuse à cette époque de l’année à cause des plaques de verglas. Et s’il n’avait pas eu envie de rebrousser chemin afin de redescendre dans le canyon, il aurait été plus inspiré de traverser les bois, même si les ronces y formaient par endroits des obstacles difficiles à franchir.
            

Mais ce qui était fait était fait… Si Jennsen trouvait un indice sur l’identité du mort, elle pourrait contacter ses parents, ou au moins certaines de ses connaissances. Les proches de cet homme voudraient savoir ce qu’il était devenu. C’était toujours comme ça, entre amis, n’est-ce pas ?
Jennsen se demanda une nouvelle fois ce que ce soldat faisait là. En réalité, le morceau de parchemin soigneusement plié le lui indiquait clairement. Cela dit, il pouvait y avoir une autre raison.
Elle brûlait de la découvrir…
Mais si elle voulait fouiller l’autre poche du cadavre, elle devait déplacer un peu son bras.
— Esprits du bien, pardonnez-moi…, souffla-t-elle en saisissant le poignet du mort.
Le bras du soldat refusa de se plier et bougea difficilement. Jennsen plissa le nez de dégoût. L’homme était aussi glacé que le sol sur lequel il reposait et que les gouttes de pluie qui tombaient sporadiquement du ciel. À cette époque de l’année, un vent d’ouest si froid charriait le plus souvent de la neige. Le crachin inhabituel avait sans doute contribué à rendre la corniche plus glissante - malheureusement pour le soldat.
Si elle s’attardait, Jennsen risquait d’être surprise par l’orage, et en hiver, elle pouvait y laisser la vie. Par bonheur, elle n’était pas bien loin de chez elle. Mais si elle ne rentrait pas très vite, sa mère s’inquiéterait et partirait à sa recherche. Au risque d’être trempée jusqu’aux os…
De plus, elle devait attendre les poissons que Jennsen avait trouvés au bout de ses lignes. Pour une fois, la pêche à travers les trous creusés dans la glace avait été miraculeuse. Mais sur le chemin du retour, la jeune femme avait découvert le corps du soldat. Le malheureux ne pouvait pas être mort depuis longtemps, sinon, elle l’aurait vu en venant…
Jennsen prit une grande inspiration pour se donner du courage. Quelque part, supposait-elle, une femme devait s’inquiéter pour ce grand et beau soldat, se demandant s’il était en sécurité, au chaud et bien au sec…
Hélas, ce n’était pas le cas…
Si elle faisait un jour une chute mortelle, Jennsen apprécierait que quelqu’un prévienne ses proches. À coup sûr, sa mère lui pardonnerait de s’être mise en retard pour découvrir l’identité du mort.

Était-ce si sûr que cela ? Elle avait dit et redit à Jennsen de ne pas approcher de ces soldats… Certes, mais celui-là était mort et il ne pouvait plus faire de mal à personne.
En revanche, les mots écrits sur son morceau de parchemin étaient inquiétants, et…
En réalité, Jennsen ne cherchait pas à savoir qui était le mort. Si elle se forçait à rester près de lui, malgré sa terreur, c’était pour trouver une autre explication à sa présence dans le coin.
Si elle n’y parvenait pas, le mieux serait de l’ensevelir en espérant que personne d’autre ne le découvre. Même si ça impliquait de rester sous la pluie glaciale, Jennsen devrait l’« enterrer » aussi vite que possible, afin que personne d’autre ne sache qu’il était là.
Elle glissa la main dans la poche de pantalon du mort et frissonna en sentant la raideur de sa cuisse, sous le tissu. Refermant les doigts sur plusieurs petits objets, elle retira vivement sa main puis étudia sa collecte.
Un bouton en os, une petite pelote de ficelle, un mouchoir plié, et, dedans, une grosse poignée de pièces d’or et d’argent…
Jennsen en siffla de surprise. Selon elle, les soldats n’étaient pas riches. Pourtant, celui-ci détenait cinq pièces d’or et trois ou quatre fois plus de pièces d’argent. Une fortune, en tout état de cause… À côté, les dizaines de sous d’argent - et non de cuivre - semblaient insignifiants. Pourtant, ils représentaient plus, à eux seuls, que tout ce que Jennsen avait pu dépenser en vingt ans d’existence.
Pour la première fois de sa vie, elle manipulait des pièces d’or… Mais il s’agissait sans doute du butin d’un pillage…
Sur le cadavre, elle ne vit aucune babiole qui aurait pu lui avoir été offerte par une femme - un détail qui aurait apaisé ses inquiétudes au sujet de cet homme…
Rien de ce qu’elle avait trouvé ne lui en ayant appris plus long sur le soldat, Jennsen s’imposa la corvée de tout remettre en place. Quelques sous d’argent glissèrent de sa paume et tombèrent sur le sol glacé. Elle les ramassa et les fourra avec le reste dans la poche du mort.
Le sac du cadavre pouvait être intéressant à explorer, mais l’homme reposait dessus et Jennsen n’avait guère envie de le retourner pour découvrir des vivres et quelques vêtements de rechange. Sans nul doute, le soldat devait garder dans ses poches tous ses objets de valeur.
Comme le morceau de parchemin, par exemple…
Toutes les preuves dont Jennsen avait besoin étaient devant ses yeux. Sous son manteau, le mort portait une cuirasse, et une épée très simple pendait à sa hanche gauche dans un fourreau en cuir noir strictement utilitaire. La lame était brisée vers le milieu, sans doute à cause de la chute…
Jennsen étudia plus longuement le couteau également accroché à la ceinture du mort dans un fourreau. La garde de cette arme brillait dans la pénombre… La jeune femme l’avait remarquée dès la première seconde et s’en était inquiétée jusqu’à ce qu’elle constate que l’homme était mort. Un simple soldat ne pouvait pas posséder une lame de cette qualité. De sa vie, Jennsen n’avait jamais vu un couteau si cher et si artistiquement ouvragé…
La lettre « R »était gravée sur la garde de l’arme - un objet d’art, en réalité.
La mère de Jennsen lui avait appris à se servir d’un couteau alors qu’elle était toute petite. Mais pas d’un si beau couteau, bien entendu…
Jennsen
La jeune femme sursauta. Non, pas maintenant ! Par les esprits du bien, pas maintenant et pas ici !
Jennsen…
La haine était un sentiment que Jennsen ignorait, sauf quand il s’agissait de la voix qui résonnait de temps en temps dans sa tête.
Comme toujours, elle fit mine de ne pas l’entendre et continua à fouiller le cadavre. Mais sa tunique n’avait pas de poches et il ne cachait rien sur lui.
Jennsen…, répéta la voix.
— Fiche-moi la paix ! siffla la jeune femme.
Jennsen
C’était différent, cette fois, à croire que la voix ne retentissait pas dans sa tête, contrairement à d’habitude.
— Laisse-moi !
Renonce
Jennsen leva la tête et vit que les yeux du cadavre étaient rivés sur elle.
Le premier rideau de pluie, porté par le vent, vint caresser le visage de la jeune femme comme s’il s’agissait des doigts glacés des esprits.
Le cœur battant la chamade, ses yeux écarquillés ne parvenant pas à se détourner de ceux du mort, Jennsen recula sur les talons.
Elle devenait folle, c’était évident ! L’homme ne respirait plus et il ne la regardait pas, car il en était incapable. Comme celui des poissons morts qu’elle avait posés à côté de lui, son regard se perdait dans le vide. Le mort ne la fixait pas, et elle se comportait comme une idiote.
Mais si les yeux du soldat ne regardaient rien de particulier, pourquoi étaient-ils braqués dans sa direction ?
Jennsen
Au sommet de la falaise, les pins oscillaient au vent tandis que les chênes et les bouleaux, tout déplumés, agitaient frénétiquement leurs bras squelettiques. Alors qu’elle écoutait la voix, Jennsen ne quitta pas des yeux les lèvres du mort. Elles ne bougeaient pas, bien entendu. C’était normal, puisque la voix parlait dans sa tête.
Le visage de l’homme restait tourné vers la corniche d’où il était tombé. Mais ses yeux en revanche, semblaient suivre chaque mouvement de Jennsen.
Terrorisée, elle saisit la garde de son couteau.
Jennsen
— Laisse-moi ! Je ne renoncerai pas !
Que voulait dire la voix, lorsqu’elle lui demandait de renoncer ? Même si elle harcelait la jeune femme quasiment depuis le début de sa vie, elle ne l’avait jamais précisé. Et cette ambiguïté rassurait un peu Jennsen.
 
 Renonce à ta chair, Jennsen.
La jeune femme en eut le souffle coupé.
Renonce à ta volonté
Jennsen en trembla de terreur. La voix, jusque-là, n’avait jamais rien dit d’aussi clair. Elle l’entendait souvent, certes, mais comme si elle était trop loin pour qu’elle puisse comprendre ses mots. Ou comme s’ils appartenaient à une langue étrangère…
Le plus fréquemment, elle entendait la voix au moment de s’endormir, et ne comprenait rien à ce qu’elle lui disait, à part son prénom et cette étrange mais séduisante invitation à « renoncer ». Ce mot revenait toujours, et il était chaque fois parfaitement audible.
Selon sa mère, cette voix appartenait à l’homme qui voulait tuer Jennsen depuis le jour de sa naissance. Et il lui parlait pour la tourmenter.
— Jenn, lui disait souvent sa mère, tout va bien… Je suis près de toi, et sa voix ne peut pas te faire de mal.
Afin de ne pas accabler sa mère, Jennsen omettait souvent de lui dire qu’elle avait entendu la voix.
Mais si l’homme à qui elle appartenait la trouvait, il pourrait lui faire du mal, elle le savait.
Comme elle aurait donné cher pour sentir autour d’elle les bras réconfortants de sa mère…
Un jour, l’homme la débusquerait, elles le savaient toutes les deux. En attendant, il lui envoyait sa voix. En tout cas, c’était ce que pensait sa mère.
Même si cette explication lui glaçait les sangs, Jennsen la préférait à l’autre possibilité : la folie. Car si elle ne pouvait plus se fier à son esprit, il ne lui resterait rien.
— Que s’est-il passé ici ? lança soudain une voix.
Jennsen étouffa un cri d’angoisse, dégaina son couteau et se mit en position de combat.
Cette voix-là n’était pas désincarnée : un homme approchait d’elle. Distraite par le vent, ses tourments intérieurs et le cadavre, elle ne s’en était pas aperçue avant qu’il soit trop tard.
Si elle tentait de fuir maintenant, l’inconnu la rattraperait en quelques enjambées, s’il lui en prenait la fantaisie.

 

Jennsen Rahl, la demie-sœur de Richard Rahl, a passé les vingt premières années de son existence à fuir son père, Darken Rahl. Née sans aucun aspect du don, Jennsen a été condamnée à mort dès l’instant de sa naissance. Lorsque sa mère est assassiné par des soldats D’Haran, elle prend de nouveau la fuite avec son nouvel ami, Sebastian, pour recommencer sa vie ailleurs. Sebastian lui révèle être le stratège de l’Ordre Impérial, et bras droit de Jagang, en mission d’espionnage dans le nouveau monde, et lui enseigne les nobles buts de l’Ordre, le traitement égalitaire de chacun au sein de l’humanité, et l’élimination de la magie. Il vénère l’Empereur Jagang autant qu’il exècre Richard Rahl, qu’il accuse d’avoir imposé la guerre en tentant d’envahir l’Ancien Monde après avoir détruit les barrières magiques séparant les deux mondes.Entre-temps, un autre bâtard de Darken, Oba Rahl, souffre d’une mère abusive dans sa ferme familiale. Oba se montre quelqu’un de très énergique, et le possesseur d’une très grande soif d’apprendre de nouvelles choses. Sa nature curieuse se manifeste surtout par le plaisir de regarder les choses mourir entre ses mains. Oba ne sait pourtant pas que, tout comme Jennsen, il est complètement dénué du don et totalement immunisé contre la magie. Sa mère l’envoie régulièrement consulter une sorcière du voisinage Lathéa, pour acheter un traitement. Mais durant l’une de ces consultations, Oba menace la sorcière, qui tente de se défendre. Sa magie ne pouvant atteindre Oba, celui-ci parvient à la tuer. Durant la lutte, Oba abandonne sa volonté à la voix qui, dans son esprit, lui promet l’invincibilité en récompense de son obéissance. De retour chez lui, il tue sa mère et décide de partir découvrir le monde. Il peut voyager confortablement, grâce à la fortune dérobée à la sorcière.Jennsen a mémoire d’une sorcière qui les avait aidé par le passé à les cacher, elle et sa mère, de Darken Rahl. Ne se souvenant plus exactement de son nom, elle la confond avec sa sœur, Lathéa. En compagnie de Sebastian, elle voyage vers le Palais du Peuple, la capitale de l’Empire D’Haran. Ils y apprennent que la sœur de Lathéa, Althea, vit dans un marécage protégé par des sortilèges mortels. Alors que Sebastian est fait prisonnier par les gardes du Palais, un étranger amical nommé Tom, aide Jennsen, désespérée, à se rendre au marécage d’Althea. Bien qu’il soit impossible à quiconque de traverser le marécage, Jennsen y parvient saine et sauve grâce à son absence de don. Les monstres du marécage étant des créatures magiques, ne peuvent rien contre elle. Mais face à Althea, elle apprend que rien ni personne ne peut la sauver du Seigneur Rahl. Déçue, son dernier espoir d’aide envolé, elle retourne au Palais du Peuple où elle sauve ingénieusement Sebastian des geôles d’Haran en trompant les gardes du Palais. Ce dernier la convainc alors de se rendre auprès le l’Empereur Jagang afin de lui demander son aide. Oba est lui aussi avisé de l’existence d’Althea, et du fait qu’elle semble détenir des informations sur son destin et sa nature propre, il ne souhaite que la rencontrer. Il s’offre un guide pour parvenir au marécage. La sorcière lui révèle simplement qu’il n’est maintenant plus qu’un pantin entre les mains du Gardien, et se suicide avant qu’Oba ai le temps d’apprendre de nouvelles choses avec elle. Oba enrage, d’autant que son guide, peu recommandable, lui a volé une partie de son argent avant de le laisser pour mort dans le marécage. Sa rage est cependant un peu atténué par la colossale fortune qu’il découvre chez la sorcière. De retour au Palais du Peuple, il retrouve par hasard le guide félon, et finis en prison pour l’avoir étripé à mains nues en plein marché. Mais la voix du Gardien lui vient en aide et, en lui procurant le pouvoir de persuader les gardes, lui permet de s’échapper, et de se mettre sur les traces de l’imposteur Richard Rahl.Jennsen et Sebastian rejoignent l’Empereur Jagang à la tête de l’armée de l’Ordre Impérial, non loin d’Aydindril. Tout d’abord terrorisée par l’aspect bestial des soldats de l’Ordre, Jennsen s’entend rétorquer que les soldats D’Haran sont bien pire. Le lendemain de leur arrivée, Jagang donne l’assaut au Palais des Inquisitrices, mais est très durement repoussé par Zedd et Adie, et grièvement blessé, et y découvre la tête du fondateur d l’Ordre Impérial, Frère Narev. Pire, pendant que Jagang rebrousse chemin vers son armée, avec les restes sanguinolent de sa force d’attaque, Zedd active une très ancienne magie au beau milieu de l’armée principale, une toile de lumière, provoquant un carnage et une immense destruction. Cela pousse Jennsen à accepter une pacte avec le Gardien : il lui confère la force de tuer Richard Rahl en échange de son obéissance et de son asservissement. Oba capture Kahlan et reçoit du Gardien l’Ordre de l’amener, ainsi que l’Epée de Vérité dérobée à Richard, aux Piliers de la Création. Grâce à son lien avec l’arme, Richard poursuit Oba jusqu’aux Piliers, où il rencontre Jennsen, elle aussi guidée vers ce lieu par le Gardien afin d’y tuer Richard. Toutefois, le plan suprême du Gardien était de forcer Richard à tuer Jennsen aux Piliers de la Création, créant ainsi une brèche dans le voile séparant le royaume des morts et le monde des vivants et permettant au Gardien d’envahir ce dernier. Mais Richard évente le plan et refuse d’y prendre part. Jennsen comprend alors que Richard n’est pas le monstre sanguinaire qu’elle imaginait, que l’Ordre Impérial et le Gardien se sont servis d’elle et sont les réels responsables de la mort de sa mère. Reconnaissant en Richard un demi-frère bon et attentionné, elle se joint à lui et Kahlan dans leur quête pour défaire Jagang et l’Ordre Impérial. 

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                            Chapitre premier

Elle ne se souvenait pas de sa mort.
Avec une angoisse diffuse, elle se demanda si les voix furieuses qu’elle entendait à peine - comme si elles venaient de très loin - signifiaient qu’elle allait de nouveau connaître l’expérience la plus ultime qui soit : sombrer dans le néant.
Si c’était le cas, elle ne pouvait absolument rien faire.
Alors qu’elle ne se rappelait pas sa fin, elle gardait une vague réminiscence de murmures solennels affirmant qu’elle avait cessé de vivre et dérivait désormais vers les ténèbres du royaume des morts. Puis un homme avait posé ses lèvres sur les siennes et empli ses poumons inertes du souffle de la vie. Par cet acte en apparence très simple, il l’avait ramenée dans le monde des vivants. Mais qui avait tristement déclaré qu’elle venait de mourir ? Et qui était son sauveur ? Elle ignorait la réponse à ces deux questions…

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Cette première nuit, quand elle avait recommencé à mieux percevoir les voix désincarnées, au point de saisir quelques mots, elle avait compris que les personnes qui l’entouraient ne croyaient pas en ses chances de voir le soleil se lever. Malgré sa résurrection, on continuait à penser qu’elle était condamnée. Une erreur, à l’évidence, puisqu’elle avait d’abord survécu jusqu’au matin, puis revu plusieurs fois l’obscurité céder la place aux premières lueurs de l’aube.
S’était-elle accrochée à la vie grâce aux mots d’amour et aux encouragements vibrants de tendresse désespérée qu’un homme lui avait chuchotés à l’oreille, cette première nuit ? Cela se pouvait, mais là non plus, elle n’était sûre de rien…
S’il ne lui restait aucun souvenir de sa mort, la douleur précédant son passage dans l’oubli éternel était gravée comme au fer rouge dans sa mémoire. Et cette souffrance, elle le savait, la hanterait jusqu’à son dernier souffle.
Seule dans la campagne, elle avait sauvagement lutté contre des hommes qui l’entouraient comme une meute de chiens de chasse acharnés à déchiqueter un lièvre. Dans l’obscurité, leurs rictus mauvais révélant des dents semblables à des crocs, ils l’avaient frappée jusqu’à ce qu’elle s’écroule, puis achevée à coups de pieds dans les côtes.
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Le craquement de ses os brisés… Le sang qui maculait les mains et les bottes de ses bourreaux… La stupéfiante terreur de sentir ses poumons se vider à jamais de leur air… L’angoisse de ne même plus pouvoir hurler de douleur… Le sentiment que sa chute dans les profondeurs de la mort durerait une éternité contenue dans une unique seconde…
Quelque temps plus tard - des heures ou des jours, c’était impossible à dire -, alors qu’elle reposait entre des draps propres, dans un lit inconnu, elle avait ouvert les yeux pour les plonger dans le regard gris d’un homme. Et découvert à cet instant que le monde réservait à certains êtres un calvaire bien pire que celui qu’elle avait enduré.
Elle ignorait le nom de son sauveur. Voyant l’angoisse qui voilait son regard, il lui était apparu sans l’ombre d’un doute qu’elle aurait dû le connaître. L’identité de cet homme comptait plus que la sienne - que la vie elle-même, en réalité. Mais ce prénom refusait de lui revenir, et rien, tout au long de son existence, ne l’avait jamais autant emplie de honte.
Depuis, chaque fois qu’elle baissait les paupières, elle revoyait ce regard dévasté où brillait pourtant, au cœur de l’angoisse, une espérance dont la source ne pouvait être qu’un amour infini. Cette lumière ne devait pas s’éteindre. Elle n’avait pas le droit de la laisser mourir. Même quand les ténèbres menaçaient d’engloutir son esprit encore détaché de la vie, elle devait lutter. Pas pour elle, mais pour lui.
Le prénom de l’homme était enfin remonté des profondeurs de sa mémoire. La plupart du temps, il restait à la surface, sauf quand la douleur revenait, presque aussi insupportable que la nuit de sa mort. À ces moments-là, elle oubliait jusqu’à son propre nom…
Aujourd’hui, alors qu’elle entendait des hommes en colère prononcer le prénom de son sauveur, elle savait qui elle était - et qui il était. Avec une détermination inébranlable, elle s’accrochait à ce prénom - Richard -, aux souvenirs qu’elle gardait de lui et à tout ce qu’il signifiait pour elle.
Depuis qu’elle avait repris conscience, et malgré les angoisses de tous ceux qui l’entouraient, encore inquiets qu’elle ne se remette pas, Kahlan savait qu’elle survivrait. Il le fallait ! Pour Richard, son mari, et pour l’enfant qui grandissait dans son ventre. Leur enfant…
Les voix devenant de plus en plus furieuses, elle se força à ouvrir les yeux et les plissa aussitôt, tétanisée par la douleur qui l’avait laissée en paix - oh ! très relativement - pendant qu’elle dormait.
Une pâle lumière éclairait à peine les contours de la petite pièce où elle reposait. Parce que la nuit tombait, ou parce que quelqu’un avait tiré les rideaux ? À chaque réveil, depuis ce terrible soir, elle était incapable d’estimer combien de temps elle avait dormi. Des heures, des jours, des mois… La durée n’avait plus de sens pour elle.
La bouche sèche et pâteuse, les membres lourds comme si elle n’était pas vraiment réveillée, Kahlan avait envie de vomir comme ce lointain après-midi, dans son enfance, où elle avait mangé trois pommes vertes au sucre avant une traversée en bateau, par une journée chaude et venteuse. Aujourd’hui, il faisait aussi étouffant que cet été là…
Kahlan tenta de se relever, mais sa conscience lui sembla être un minuscule îlot battu par les flots déchaînés d’un océan obscur. Les entrailles retournées, elle renonça à bouger et mobilisa toute sa volonté pour ne pas vomir. Dans son état actuel, elle le savait, vider ainsi son estomac était une torture - une manière de petite mort, en quelque sorte…
Elle referma les yeux, s’immergea un moment dans une paisible obscurité, puis se força à remonter à la surface et à relever les paupières. Un peu plus tôt, se souvint-elle, elle avait bu une décoction censée calmer la douleur et l’aider à dormir. En matière d’herbes médicinales, Richard était un expert. Et ses préparations permettaient au moins à Kahlan de sombrer dans un sommeil profond où la souffrance l’atteignait encore, mais ne lui donnait plus envie de hurler.
Très lentement, afin de ne pas faire bouger les dagues qui semblaient enfoncées entre ses côtes, Kahlan prit une profonde inspiration. L’odeur d’épicéa et de pin qui monta à ses narines contribua à calmer ses nausées. Ce n’était pas une senteur telle qu’on la captait dans la forêt, en même temps que celle de la terre humide, des champignons et des fougères, mais un parfum d’arbres récemment abattus et élagués. Au prix d’un gros effort, Kahlan parvint à focaliser sa vision, et elle aperçut, en face du pied de son lit, un mur composé de rondins dont les « blessures » - provoquées par le tranchant d’une hache - laissaient encore suinter de la sève. La coupe et la taille paraissaient approximatives - sans doute à cause de trop de précipitation -, mais l’assemblage très précis des rondins témoignait du savoir faire et de l’expérience du charpentier.
La pièce était très petite. Au Palais des Inquisitrices, où elle avait grandi, un endroit pareil n’aurait même pas mérité le nom de « placard ». De plus, les murs auraient été en pierre, voire en marbre. Séduite par cette petite chambre aux cloisons de bois, Kahlan espéra que Richard l’avait construite spécialement pour elle. Une façon de la protéger - et quasiment de l’envelopper de ses bras. Avec sa dignité pompeuse, le marbre ne l’avait jamais réconfortée ainsi.
Sur le mur, la jeune femme vit une petite sculpture. Un oiseau en plein vol à peine plus grand que sa paume et taillé dans un rondin en quelques coups de couteau - mais d’une main très sûre. Richard avait voulu lui offrir quelque chose à contempler… Plus d’une fois, autour d’un feu de camp, elle l’avait vu travailler distraitement un petit morceau de bois.
Avec ses ailes écartées, comme s’il volait autour d’elle pour la protéger, l’oiseau symbolisait à la fois l’amour et la liberté.
Tournant la tête vers la droite, Kahlan constata qu’une couverture de laine beige obstruait ce qui devait être l’encadrement d’une porte. Les voix furieuses et menaçantes retentissaient derrière cette dérisoire protection.
— Ce n’est pas de gaieté de cœur, Richard… Mais nous devons penser à nos familles.
Désireuse de savoir ce qui se passait, Kahlan tenta de se redresser sur un coude. Hélas, son bras gauche ne réagit pas comme elle l’attendait. Tel un éclair qui déchire le ciel, la douleur explosa dans la moelle de ses os et remonta jusqu’à son épaule.
                    
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Avec un gémissement - à cause d’un mouvement qu’elle avait à peine esquissé - Kahlan se laissa retomber dans son lit. Rien de bien extraordinaire, puisque son épaule ne s’était pas écartée de plus d’un pouce du matelas… Pourtant, elle haleta sous le « choc », ravivant la souffrance due aux dizaines de lames qui lui semblaient toujours plantées entre ses côtes.
Se forçant à respirer lentement, Kahlan parvint à contrôler la douleur. Après s’être autorisée un soupir de soulagement, elle tourna la tête, regarda son bras gauche et vit qu’il était serré dans une attelle. Comment avait elle pu l’oublier et tenter de se redresser sur ce coude là ? Les herbes médicinales, bien sûr… Elles la calmaient, mais lui embrumaient l’esprit. Eh bien, puisqu’il lui était impossible de s’asseoir dans son lit, elle essaierait au moins de mettre un peu d’ordre dans ses pensées.
Tendant prudemment la main droite, elle essuya la pellicule de sueur qui couvrait son front - une réaction classique à une forte souffrance. Son épaule droite lui faisait également mal, mais l’articulation fonctionnait à peu près bien. Ravie par cette dérisoire bonne nouvelle, Kahlan passa les doigts sur ses yeux gonflés et comprit pourquoi le simple fait de lever les paupières l’avait mise à la torture. La chair était boursouflée et elle devait avoir une immonde teinte violacée.
Passant à sa joue, Kahlan y sentit des coupures profondes qui l’élancèrent comme si on enfonçait de minuscules aiguilles dans tous les nerfs de son visage.
Pour savoir à quoi elle ressemblait, elle n’avait pas besoin d’un miroir, car il lui suffisait de sonder le regard de Richard. À chaque fois, elle aurait tout donné pour cesser de voir tant de souffrance dans ses yeux. Oui, guérir enfin, et ne plus le savoir si malheureux !
— Je vais bien, disait toujours Richard à ces moments-là, comme s’il avait lu ses pensées. Cesse de t’inquiéter pour moi et concentre-toi sur ta convalescence.
Avec un douloureux mélange de désir et de désespoir, Kahlan se revit nue dans les bras de Richard et crut de nouveau sentir la chaleur de sa peau contre la sienne. À ces instants-là, le souffle court - un délicieux épuisement -, ils avaient le sentiment d’être seuls au monde. Y repenser sans pouvoir serrer contre elle son bien aimé était une ignoble torture. Pour se calmer, elle se redit que ce serait de nouveau possible dès qu’elle irait mieux. Ils étaient ensemble, et rien d’autre ne comptait. Par sa seule présence, Richard l’aidait à guérir.
Derrière la couverture, elle l’entendit parler d’une voix mesurée. Le connaissant, elle devina que chaque mot, alors qu’il bouillait intérieurement, lui coûtait un effort inhumain.
— Nous avons simplement besoin d’un peu de tranquillité…
De plus en plus énervés, tous les interlocuteurs de Richard crièrent en même temps.
— Voyons, tu nous connais ! Si nous pouvions faire autrement…
— Et si ça nous attirait de graves ennuis ?
— Oui, nous savons, au sujet de la guerre… Et tu nous as dit que cette femme vient des Contrées du Milieu…
— Le risque est trop grand. Nous refusons de…
Kahlan tendit l’oreille, certaine d’entendre bientôt une note métallique reconnaissable entre toutes. Le Sourcier ne tarderait pas à dégainer l’Épée de Vérité. Doté d’une infinie compassion, il n’était cependant pas connu pour sa patience. Sa fidèle garde du corps, Cara, devait être près de lui. Comme toutes les Mord Sith, elle ignorait la compassion et la patience…
— Je ne vous demande rien, dit Richard sans tirer au clair son arme. Laissez-moi simplement rester ici et m’occuper d’elle. Au cas où elle aurait besoin de quelque chose, je tiens à ne pas être trop loin de Hartland. Dès qu’elle ira mieux, nous en reparlerons… Je vous en prie, un peu de compréhension !
Non ! aurait voulu lancer Kahlan. Ne t’abaisse pas à les supplier ! Rien ne les autorise à te voir t’humilier devant eux. Comment peuvent-ils imaginer les sacrifices que tu as consentis ?
Incapable de crier, elle put seulement murmurer le prénom de son mari.
— Ne nous défie pas ! S’il le faut, nous brûlerons cette cabane ! Contre nous tous, tu ne gagneras pas, et nous sommes dans notre droit.
Tous les hommes soutinrent cette tirade agressive.
Certaine que Richard allait dégainer sa lame, Kahlan, stupéfaite, l’entendit répondre d’une voix si douce qu’elle ne comprit pas ses paroles.
— Nous détestons agir ainsi, Richard, dit un des hommes après un long silence. Mais nous n’avons pas le choix. La survie de nos familles et de nos amis passe avant tout.
Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.Richard, Kahlan et Cara se sont réfugiés dans les forêts de Terre d’Ouest, où Kahlan récupère ses forces après avoir failli mourir dans le tome précédent. Suite à une vision, Richard refuse d’intervenir dans la guerre entre Le Nouveau Monde et l’Ordre Impérial qui marche déjà sur les contrées du milieu. Cependant loin d’être tranquille, Nicci, une sœur de l’Obscurité, agissant pour son propre compte fait son apparition. Elle oblige Richard à venir avec elle dans l’ancien monde grâce à un sort de maternité qui la relie à Kahlan, la Mère Inquisitrice. Si Nicci le souhaite, elle peut tuer Kahlan rien qu’en y pensant. Richard n’ayant pas le choix, car il préfère vivre en esclavage que de savoir sa femme morte, accepte de suivre la sœur de l’obscurité!Nos deux héros seront séparés pendant plus d’un an. Richard travaillera comme transporteur de métaux puis comme sculpteur dans la capitale de l’ancien monde, Altur’Rang. Il s’y fera de nouveaux amis, tel Ishaq ou encore Victor Cascella, le forgeron. Dans la capitale couvent de nombreux troubles, Richard voit que tous n’ont pas perdu la foi en la liberté. Ses amis ainsi qu’un grand nombre d’habitants voudraient échapper au joug de l’ordre impérial ! Cependant prisonnier de Nicci, il devra faire croire qu’elle est sa femme et vivre avec elle jour après jour. Remarqué pour ses dons en sculpture par le Frère Narev, un guide spirituel de l’ordre, il devra sculpter une très grande et immonde statue représentant la déchéance humaine pour le nouveau palais de Jagang. Celui-ci en secret sculptera un chef-d’œuvre montrant la noblesse humaine à travers un homme et une femme d’une grande beauté et montrant le désir de vivre et d’accéder au bonheur.Pendant ce temps, Kahlan et son amie et garde du corps Cara ont rejoint l’armée d’harane où se trouve déjà les Sœurs de la Lumière, Warren et Zedd. Ils se battent tout au long de l’année contre l’énorme armée de Jagang qui représente plusieurs millions de soldats, alors qu’ils ne sont eux-mêmes que quelques centaines de milliers! De nombreux combats se déroulent jusqu’à que les troupes commandées par la Mère Inquisitrice reculent jusqu’en Aydindril. Désespérée d’être loin de son mari, elle décide de partir à sa recherche avec sa fidèle compagne Cara, ne pouvant plus être d’aucune aide pour le nouveau monde! Elles arrivent dans la capitale le jour de l’exposition de la statue de Richard qui doit être mise en place devant le palais. Nicci décide de voir avant tout le monde la statue, et frappée par ce qu’elle évoque, elle comprend enfin ce que Richard essayait de lui faire comprendre depuis le début, et choisit la vie! De vivre pour elle-même, ne plus être esclave! Honteuse de ce qu’elle avait fait souffrir à Richard et Kahlan, elle décide de les retrouver au plus vite pour se faire pardonner et libérer Kahlan du sort qui les relie!Pendant ce temps sur l’esplanade des milliers de gens se rassemblent devant la statue, véritable hymne à la vie, comparée à toutes les autres qui ne montrent que la déchéance humaine. Richard est arrêté et le frère Narev lui ordonne de détruire sa statue. Après un vibrant discours adressé au peuple sur la vie et la liberté, il la détruit. La foule se révolte, puis Cascella hurle qu’il ne veut plus être esclave mais être un homme libre. La foule reprend en cœur et charge les soldats et les frères! Finalement Nicci se repent et délivre Kahlan du sort. Richard et Kahlan se retrouvent! Une aube nouvelle se lève sur l’ancien monde!            
            9782915549621FS                                          5eme leçonRappelle toi ce que les gens font, et pas seulement ce qu’ils disent, car les actes trahiront un mensonge.

                                        Chapitre premier

Je me demande pourquoi les poulets sont aussi énervés, dit Richard.
Kahlan se serra plus fort contre son épaule.
- Ton grand-père leur casse peut-être autant les pieds qu’à nous, avança-t-elle.
Son compagnon ne répondant pas, elle leva les yeux vers lui, l’étudia à la faible lueur du feu et vit qu’il regardait fixement la porte.
- Ou ils sont peut-être grognons parce que nous les avons empêchés de dormir toute la nuit…
Richard sourit et embrassa le front de la jeune femme. Dehors, les caquètements venaient de cesser. Kahlan supposa que les enfants du village, toujours occupés à fêter dignement le mariage, avaient chassé les volailles de leur perchoir favori, à savoir le muret qui se dressait devant la maison des esprits. Elle fit part au Sourcier de sa déduction.
De lointains, échos de conversations, d’éclats de rire et de chansons pénétraient dans leur sanctuaire. Le parfum du bois aromatique qui brûlait en permanence dans la cheminée de la maison sacrée se mêlait à celui de la sueur née de la passion amoureuse et à l’odeur épicée des poivrons et des oignons frits.
Un moment, Kahlan regarda la lueur des flammes se refléter dans les yeux gris de son mari. Puis elle s’abandonna de nouveau entre ses bras, bercée par le son étouffé des tambours et des boldas.
En frottant des palettes de bois le long des arêtes sculptées de ces instruments creux en forme de cloche, les musiciens du Peuple d’Adobe produisaient une mélodie mystérieuse et lancinante. Sur le chemin qui la conduisait vers les plaines, cette musique s’infiltrait dans le refuge des deux jeunes gens, invitant les esprits des ancêtres à se joindre aux festivités.
Richard tendit un bras et prit un morceau de pain de tava sur le plateau que Zedd, son grand-père, leur avait apporté.
              l'épée de vérité (Photo)

- Il est encore chaud, dit-il. Tu en veux ?
- Le seigneur Rahl a faim ou il s’est déjà lassé de sa nouvelle épouse ?
- Nous sommes vraiment mariés ? lança Richard avant d’éclater de rire. Ce n’était pas un rêve ?
Kahlan frissonna de bonheur. Ces derniers temps, elle avait si souvent imploré les esprits du bien de rendre à Richard la capacité de rire. De la leur rendre à tous les deux, à vrai dire…
- C’est un rêve devenu réalité…, souffla-t-elle.
Vexée qu’il lui préfère un morceau de pain, elle l’en détourna en exigeant un baiser… qu’il ne lui refusa pas. Alors qu’il la serrait dans ses bras, elle sentit s’accélérer le souffle du jeune homme.
Rassurée, Kahlan fit remonter ses mains le long des épaules et du cou musclés de Richard et laissa ses doigts fins vagabonder dans ses cheveux emmêlés par la sueur.
Une nuit comme celle-là, dans un passé qui lui semblait très lointain - mais qui ne l’était pas -, près de la cheminée de la maison des esprits, Kahlan avait compris qu’elle était désespérément amoureuse de Richard - et condamnée, avait-elle cru, à garder ses sentiments secrets jusqu’à la fin de sa vie. Au terme de dures batailles et de déchirants sacrifices, le Sourcier et la Mère Inquisitrice avaient été « adoptés » par le Peuple d’Adobe, pourtant connu pour ne pas porter les étrangers dans son cœur. Bien plus tard, toujours dans la maison des esprits, après qu’il eut réussi l’exploit réputé impossible d’aimer une Inquisitrice sans y perdre sa personnalité et son âme, Richard l’avait demandée en mariage. En toute logique, ils avaient choisi de passer leur nuit de noces - si longtemps attendue - dans ce lieu chargé de tant de souvenirs.
Bien que l’amour et lui seul en fût la raison, leur mariage scellait aussi l’alliance officielle des Contrées du Milieu et de D’Hara. Célébrée dans une capitale des Contrées, la cérémonie aurait été aussi somptueuse qu’un couronnement, avec le faste, la splendeur et le luxe que cela impliquait. Bref, toute l’histoire de la vie de l’Inquisitrice, avant sa rencontre avec Richard. Parce qu’ils étaient « candides », aux yeux des gens « civilisés », les Femmes et les Hommes d’Adobe comprenaient les raisons - tellement simples - du mariage des deux jeunes gens, et ils ne doutaient pas un instant de leur sincérité. Aux yeux de Kahlan, une union joyeusement fêtée avec de vrais amis - et même un peu plus que cela : des parents - valait cent fois les mascarades protocolaires qu’on lui aurait infligées chez elle.
Pour ces braves gens, qui menaient une vie pénible et périlleuse dans les plaines du Pays Sauvage, une fête comme celle-là était une occasion de se réjouir, de danser, de chanter et de raconter des histoires. Aucun autre étranger n’ayant jamais été adopté par le Peuple d’Adobe - sans parler de deux ! -, ce mariage était sans précédent. Kahlan devinait qu’il aurait un jour sa place parmi les légendes que les danseurs aux visages couverts de boue blanche et noire, splendides dans leurs costumes de fourrure et d’herbe, aimaient à faire revivre en prélude aux conseils des devins.
- Sourcier de Vérité, souffla-t-elle, taquine, quand Richard la laissa respirer, je crois que tu utilises ta magie pour abuser d’une jeune fille innocente…
S’il continuait encore un peu, elle finirait par oublier à quel point les muscles de ses cuisses lui faisaient mal…
- Tu préférerais qu’on sorte voir ce que traficote Zedd ? demanda Richard.
Ayant également besoin de reprendre un peu d’air, il roula sur le dos.
- Seigneur Rahl, dit Kahlan en lui flanquant une petite claque sur les côtes, je crois que ta nouvelle épouse t’ennuie vraiment… D’abord les volailles, puis le tava, et maintenant ton grand-père !
- Je sens l’odeur du sang, souffla soudain Richard, les yeux de nouveau rivés sur la porte.
Kahlan s’assit et s’étira.
- Une proie ramenée par des chasseurs, sans aucun doute… Richard, s’il y avait des problèmes, nous le saurions. As-tu oublié que des amis montent la garde dehors ? Un village entier veille sur notre sécurité ! Personne ne peut tromper la vigilance des chasseurs du Peuple d’Adobe. Au minimum, ils auraient donné l’alarme, et tout le monde serait sur le pied de guerre.
Kahlan se demanda si Richard l’avait entendue. Plus immobile qu’une statue, il fixait la porte, tous les sens aux aguets. Quand la jeune femme lui posa sur l’épaule une main un rien impatiente, il se détendit et se tourna vers elle :
- Tu as raison, s’excusa-t-il. On dirait que j’ai du mal à ne pas être en permanence sur les dents…

              l'épée de vérité (Photo)
Toute sa vie, Kahlan avait évolué dans les hautes sphères du pouvoir et de l’autorité. Dès l’enfance, on lui avait inculqué le sens du devoir et appris à assumer ses responsabilités. Formée à reconnaître le danger, qui rôdait sans cesse autour d’elle, elle n’avait eu aucun mal, malgré son jeune âge, à se glisser dans la peau de la Mère Inquisitrice - la dirigeante suprême des Contrées du Milieu, plus puissante que les rois et les reines.
Après une jeunesse très différente, Richard, amoureux fou de la nature, était devenu guide forestier dans sa Terre d’Ouest natale. Le chaos, les épreuves et le destin l’avaient forcé à endosser des habits qu’on aurait pu croire trop larges pour lui. Devenu le maître de l’empire d’haran, il restait persuadé que la méfiance était sa principale alliée. Et les récents événements ne lui donnaient pas tort…
Il fouilla dans ses vêtements épars, en quête de son épée. Hélas, pour atteindre plus vite le village du Peuple d’Adobe, il avait dû se résigner à ne pas l’emporter.
Kahlan l’avait vu des dizaines de fois chercher, sans même y penser, à s’assurer de la présence de son arme. Tout au long des mois où il avait tellement changé - comme le monde autour de lui - l’Épée de Vérité s’était révélée sa meilleure protectrice. En retour, il se consacrait corps et âme à la défense de cette lame hors du commun et de ce qu’elle représentait.
Pourtant, l’épée n’avait qu’une valeur symbolique. En réalité, la main qui la maniait détenait le véritable pouvoir. Bref, le Sourcier était l’arme, et sa lame, comme la robe blanche de la Mère Inquisitrice, servait surtout à signaler au monde qu’on l’avait chargé d’une extraordinaire mission.
Kahlan se pencha et embrassa Richard, qui l’enlaça de nouveau. Tentatrice, elle se laissa tomber sur le dos, l’entraînant avec elle.
- Alors, ça fait quoi d’être l’époux de la Mère Inquisitrice ?
Se dégageant, Richard s’allongea à côté d’elle et se redressa sur un coude.
- C’est merveilleux ! Une expérience fabuleuse, stimulante… et épuisante. Et avoir le seigneur Rahl pour époux, qu’est-ce que ça fait ?
- Ça colle, parce qu’il est poisseux de sueur…, répondit Kahlan avec un rire de gorge.
Richard sourit, fourra un morceau de tava dans la bouche de sa malicieuse épouse, s’assit et tira entre eux le plateau lesté de nourriture. Le pain de tava - une racine - était l’aliment de base du Peuple d’Adobe. Accompagnant presque tous les plats, il pouvait se consommer seul, être fourré de viande ou de légumes ou servir de cuiller pour la dégustation des bouillies et des ragoûts. Séché, il assurait la subsistance des chasseurs, souvent absents du village pendant des semaines.
Kahlan s’étira de nouveau et bâilla. Ravie que son bien-aimé ne se soucie plus de ce qui se passait dehors, elle lui posa un petit baiser sur la joue.
Sous une couche de tranches de tava, Richard trouva des oignons et des poivrons frits, des champignons aussi larges que la main de Kahlan, des navets, un assortiment de légumes verts et plusieurs petits gâteaux de riz. Il goûta un navet, le trouva délicieux, puis fourra un morceau de tava de légumes, en fit un rouleau et le tendit à sa compagne.
- J’aimerais rester ici à jamais, souffla-t-il, pensif.
Kahlan tira la couverture sur ses genoux. La dernière phrase de Richard résumait parfaitement la situation. Dehors, le monde les attendait, et il ne leur réservait rien de bon.
- Eh bien, dit-elle en battant des cils, Zedd est venu nous dire que les anciens veulent récupérer la maison des esprits… Est-ce une raison pour déguerpir avant d’en avoir terminé avec nos… hum… leçons de magie ?
- Zedd se fiche des exigences des anciens, répondit Richard avec un petit sourire. Il veut me voir, voilà tout. Cela dit, je suis très heureux d’avoir pour épouse une élève appliquée… et studieuse.
Kahlan mordilla le rouleau de tava, les yeux levés vers son compagnon, occupé à casser en deux un petit gâteau de riz. En pensée, comprit-elle, il était déjà ailleurs…
- Vous avez été séparés pendant des mois, rappela-t-elle. (Du bout d’un doigt, elle essuya le jus de légumes qui coulait sur son menton.) Il a hâte de savoir ce que tu as fait, et de découvrir ce que tu as appris. Il t’aime, Richard, et il a des choses à t’apprendre. D’urgence, je crois…
- Ce vieil enquiquineur me donne des leçons depuis que je suis sorti du ventre de ma mère ! Mais je l’aime aussi, tu sais…
Richard fourra un autre morceau de tava de légumes frits et bouillis et entreprit de le dévorer. En grignotant le sien, Kahlan écouta le crépitement des flammes et les lointains échos de la musique.
Quand il eut fini, le Sourcier tira un pruneau de sous le tas de tranches de tava.
- Je le connais depuis toujours, et je ne me suis jamais douté qu’il était bien plus que mon meilleur ami. Mon grand-père, rien que ça ! Et un homme très supérieur aux autres…
Il mordit la moitié du pruneau et tendit l’autre à Kahlan.
- Il te protégeait, Richard… Savoir qu’il était ton ami te suffisait.
La jeune femme accepta le fruit et le savoura en admirant le superbe profil de son mari. Puis, du bout des doigts, elle le força à tourner la tête pour la regarder.
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- Je sais ce qui t’inquiète, Richard. Mais Zedd est de nouveau avec nous. Ses conseils nous réconforteront au moins autant qu’ils nous aideront…
- Tu as raison… Qui éclairerait mieux notre chemin que ce bon vieux Zedd ? (Richard tira ses vêtements vers lui.) Il doit bouillir d’impatience, en attendant mon rapport…
Alors que le Sourcier enfilait son pantalon noir, Kahlan mordilla un gâteau de riz, le garda entre ses lèvres pendant qu’elle sortait quelques objets de son sac, puis l’en retira et cessa de s’affairer.
- Nous avons été séparés de Zedd pendant des mois, et je l’ai même vu plus souvent que toi. Anna et lui voudront tout savoir, et il faudra leur répéter vingt fois notre histoire pour qu’ils nous laissent tranquilles. Mais avant, j’aimerais prendre un bain. Il y a des sources chaudes, pas très loin d’ici…
Richard cessa soudain de boutonner sa chemise.
- Hier, avant la cérémonie, Anna et Zedd étaient dans tous leurs états. Tu as compris pourquoi ?
- Hier soir ? (Kahlan sortit un chemisier de son sac et le déplia.) C’était au sujet des Carillons, je crois… Quand j’ai dit les avoir prononcés à voix haute et à plusieurs reprises… Mais Zedd a affirmé qu’Anna et lui s’occuperaient du problème, quel qu’il puisse être.
L’Inquisitrice détestait repenser à ces événements, dont le souvenir suffisait à la faire frissonner. Les entrailles nouées, elle songea à ce qui serait arrivé si elle avait hésité à dire ces trois mots. Quelques secondes de plus, et le Sourcier n’aurait plus été de ce monde. Des instants qu’elle préférait bannir de sa mémoire.
- C’est bien ce que j’avais cru comprendre, fit Richard avec un clin d’œil malicieux. Mais j’étais trop occupé à t’admirer dans ta jolie robe bleue pour me préoccuper de questions aussi secondaires. Les trois Carillons ne sont sûrement pas susceptibles de donner du fil à retordre à Zedd. C’est le genre de domaine où il excelle.
- Alors, ce bain ?
- Pardon ?
Kahlan vit que Richard fixait de nouveau la porte.
- Un bain ! Pouvons-nous aller nous laver dans les sources chaudes avant de passer des heures à raconter notre histoire à Zedd et à Anna ?
Richard enfila sa tunique noire dont les broderies d’or, autour du cou et des manches, reflétèrent la lueur des flammes.
- Tu me laveras le dos ? demanda-t-il avec un regard en coin.
Kahlan regarda Richard boucler la large ceinture de cuir où étaient accrochées, à droite et à gauche, deux sacoches qui contenaient, entre autres choses, deux bourses ornées de fil d’or et remplies de substances dotées d’un terrifiant pouvoir.
- Seigneur Rahl, je laverai tout ce que tu voudras…
Richard sourit en enfilant ses serre-poignets d’argent rembourrés de cuir et gravés d’antiques symboles.
- On dirait que ma nouvelle épouse peut transformer de banales ablutions en un événement inoubliable…
Kahlan passa son manteau et glissa sous le col sa longue chevelure
emmêlée.
  

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                              4eme leçon

Absoudre, c’est donner aux autres. Mais aussi recevoir d’eux plus que ce qu’on leur a offert.

                            Chapitre premier

 

- Laissez-moi le tuer ! insista Cara.
Sur les dalles de marbre, ses grandes enjambées furieuses produisaient un vacarme épouvantable.
- Pas question ! répéta Kahlan.
Les bottes en cuir souple qu’elle portait sous sa longue robe blanche d’Inquisitrice bruissaient à peine tandis qu’elle s’efforçait de suivre le rythme de la Mord-Sith - sans pour autant courir. Une question d’amour propre…
Cara ne dit plus rien, ses yeux bleus rivés sur le bout de l’interminable couloir qu’elles remontaient. Devant elles, une dizaine de soldats d’harans en uniforme de cuir et cotte de mailles traversaient une intersection. Même s’ils ne brandissaient pas leurs armes traditionnelles - des épées très simples ou des haches au tranchant en forme de croissant -, ils gardaient les mains près de leurs poignées. Tous les sens aux aguets, ils sondaient la pénombre, entre les colonnes et sous les embrasures de porte. Immergés dans leur concentration, ils gratifièrent la Mère Inquisitrice de hochements de tête à peine polis.

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- Le tuer ne suffira pas, dit Kahlan. Il nous faut des réponses…
La Mord-Sith plissa le front, l’air étonné.
- Quand ai-je dit qu’il ne parlerait pas avant de mourir ? Attendez que je me sois occupée de lui, et vous verrez comme il sera volubile. (Cara eut un sourire sans joie.) C’est la définition même du travail d’une Mord-Sith : obtenir des réponses d’un sujet… (le sourire s’élargit, comme toujours quand elle évoquait ses compétences professionnelles)… avant de l’entendre pousser son dernier soupir.
- Cara, soupira Kahlan, combien de fois devrai-je te dire que ce n’est plus ton travail ? Ni ta vie… Aujourd’hui, ton devoir est de protéger Richard.
- C’est pour ça que cet homme doit mourir ! L’épargner mettrait en danger le seigneur Rahl.
- Tu te trompes ! Pour le bien de Richard, nous découvrirons ce qui se trame, mais pas en utilisant tes méthodes douteuses.
- À vos ordres, Mère Inquisitrice ! lâcha froidement la Mord-Sith, son sourire volatilisé.
Kahlan se demanda comment Cara avait pu se changer si vite. Dès que des ennuis se profilaient, une des trois Mord-Sith – au moins – jaillissait de nulle part, miraculeusement vêtue de son uniforme de cuir rouge.
Comme elles le précisaient volontiers, sur cette couleur, le sang ne se voyait pas…
- Tu es sûre que cet homme a dit ça ? Ce sont vraiment ses paroles ?
- Mot pour mot, Mère Inquisitrice. Je vous en prie, permettez-moi de le tuer avant qu’il tente de mettre ses menaces à exécution.
Occupée à ne pas se laisser distancer, Kahlan jugea inutile de gaspiller son souffle en répondant.

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- Où est Richard ? demanda-t-elle.
- Vous voulez que j’aille le chercher ?
- Non, mais je désire savoir où le trouver, en cas de problème.
- Parce que selon vous, nous n’en avons pas déjà un ?
- À t’en croire, deux cents soldats pointent leurs armes sur cet homme. Avec autant de haches, d’épées et d’arcs prêts à le tailler en pièces, quel mal peut-il faire ?
- Darken Rahl, mon ancien maître, savait que l’acier ne suffit pas toujours à écarter le danger. C’est pour ça que nous étions toujours à ses côtés, prêtes à agir.
- Ce monstre faisait exécuter des gens sans prendre la peine de savoir s’ils en voulaient à sa vie. Richard n’est pas comme ça, et moi non plus. Quand une menace est réelle, tu sais que je n’hésite pas à l’éliminer. Mais si notre homme est plus puissant qu’il ne le paraît, pourquoi tremble-t-il devant de vulgaires armes ? Pour finir, souviens-toi que les Inquisitrices ne sont pas sans ressources face aux périls insensibles à l’acier…
- Gardons la tête froide, Cara. Quand on exerce le pouvoir, les jugements hâtifs sont dangereux.
- Si vous estimez que l’homme est inoffensif, pourquoi suis-je obligée de courir pour ne pas arriver dix minutes après vous ?
S’avisant qu’elle avait pris un demi-pas d’avance sur sa compagne, Kahlan ralentit l’allure.
- Parce qu’il s’agit de la sécurité de Richard, souffla-t-elle.
- Bref, vous êtes aussi inquiète que moi ! triompha Cara.
- Bien entendu ! Mais si cet homme est plus que ce qu’il semble être, le tuer risque d’amorcer un piège mortel.
- Peut-être… Et c’est justement pour ça que les Mord-Sith existent.
- Bon, où est Richard ?
Cara saisit l’extrémité de son gant renforcé de fer, près de sa manche, le remonta au maximum, plia le poing et fit osciller l’Agiel pendu à son poignet par une chaîne d’argent. Cette banale lanière de cuir d’un pied de long et d’un pouce de large était en réalité un instrument de torture. Sa copie conforme pendait autour du cou de Kahlan. Pour elle, il ne s’agissait pas d’une arme, mais d’un cadeau de Richard, symbole de la douleur qu’ils avaient tous deux endurée - et des sacrifices qu’ils avaient consentis.

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- Il est derrière le palais, dans un des jardins privés. (Cara lança une main derrière son épaule.) Celui qui se trouve par là… Raina et Berdine l’accompagnent.
Rassurée d’apprendre que les deux Mord-Sith veillaient sur son bien-aimé. Kahlan s’autorisa une question plus personnelle.
- C’est lié à la surprise qu’il me prépare ?
- Quelle surprise ?
- Allons, Cara, il t’en a sûrement parlé !
- Bien entendu, puisqu’il ne me cache presque rien…
- Alors, de quoi s’agit-il ?
- J’ai juré de me taire.
- Si tu me mets dans la confidence, je ne vendrai pas la mèche.
Comme les précédents, le sourire de la Mord-Sith n’exprima aucune joie.
- Le seigneur Rahl a le don de découvrir les choses qu’on préférerait lui cacher…
Pour l’avoir vérifié plusieurs fois par elle-même, Kahlan ne contesta pas cette affirmation.
- Dis-moi ce qu’il fait dehors !
- Des choses qu’on ne peut pas faire dedans, éluda Cara, les mâchoires serrées. Vous le connaissez, il adore ça !
D’un coup d’œil, Kahlan confirma ses soupçons : les joues de la Mord-Sith étaient plus rouges que son uniforme.
- Quel genre de choses ?
Une main gantée devant la bouche, Cara murmura :
- Il apprivoise des tamias.
- Pardon ? Tu ne peux pas parler un peu plus fort ?
- D’après lui, ces écureuils miniatures se sont montrés parce que le temps se radoucit. Et il a décidé de les apprivoiser. (Accablée, la Mord-Sith ajouta :) En leur donnant des graines.
Kahlan sourit en imaginant Richard, le nouveau maître de D’Hara – et depuis peu des Contrées du Milieu, qui venaient lui manger dans la main – occupé à convaincre des tamias de picorer également dans sa paume.

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- Cara, voilà une activité qui semble bien innocente…
Alors qu’elles dépassaient deux gardes d’harans, la Mord-Sith s’assouplit de nouveau le poing droit.
- Il leur apprend à manger dans les mains de Berdine et de Raina ! précisa-t-elle, indignée. Si vous les entendiez glousser comme des oies parce que ça les chatouille ! (Désespérée, elle leva les bras au ciel.) Des Mord-Sith qui pouffent de rire !
Kahlan serra les dents pour ne pas en faire autant.
Cara tira en avant la longue natte blonde qui pendait dans son dos et la caressa nerveusement. La Mère Inquisitrice frissonna : ce geste lui rappelait la façon dont Shota, la voyante, flattait ses serpents.
- Tu sais, fit-elle pour apaiser l’ire de la Mord-Sith, elles n’aiment peut-être pas ça. N’oublie pas qu’elles sont liées à Richard. Quand il leur donne un ordre, elles n’ont pas le choix…
Cara en resta bouche bée de surprise. Voilà qu’on essayait de la calmer en lui faisant gober un pieux mensonge !
Si les trois Mord-Sith étaient prêtes à défendre Richard au péril de leur vie - comme elles l’avaient souvent prouvé - le lien magique ne les empêchait pas d’ignorer ses ordres quand elles les jugeaient sans importance, dictés par un caprice ou mal avisés. Et Kahlan le savait parfaitement !
À dire vrai, les trois femmes en rajoutaient dans l’insubordination. Ravies que Richard les ait affranchies des règles strictes de leur profession, elles usaient avec enthousiasme de leur liberté. Darken Rahl, le père de leur nouveau seigneur, les aurait abattues sur-le-champ s’il avait soupçonné qu’elles envisageaient de désobéir à un de ses ordres - aussi peu vital fût-il.
- Il faut que vous l’épousiez au plus vite, Mère Inquisitrice, dit enfin Cara. Quand il viendra vous manger dans la main, il n’aura plus le temps de forcer de pauvres Mord-Sith à se ridiculiser.
Kahlan rayonna à l’idée de ce que deviendrait sa vie quand elle aurait épousé Richard. À savoir, très bientôt…
- Il m’a demandé ma main, et il l’aura. Mais tu devrais te douter, comme tout le monde, qu’il ne viendra jamais y manger. Ce n’est pas son genre, et je ne voudrais pour rien au monde qu’il le fasse.
- Si vous changez d’avis, consultez-moi, et je vous dirai comment vous y prendre…
Cara regarda les soldats qui grouillaient à présent autour d’elles. Sur ses ordres, ils inspectaient tous les couloirs et ouvraient toutes les portes…
- Egan aussi est dans le jardin, continua la Mord-Sith. Le seigneur Rahl ne risquera rien pendant que nous nous occuperons de cet homme.
Kahlan oublia aussitôt ses rêves d’avenir.
- Au fait, comment est-il entré ? Il s’est infiltré avec les pétitionnaires ?
- Non, répondit Cara, revenue au ton glacial caractéristique de sa profession. Mais croyez-moi, je le découvrirai… Selon ce que j’ai compris, il a abordé une patrouille, près de la salle du Conseil, et demandé où il trouverait le seigneur Rahl. Comme si le maître de D’Hara tenait une boucherie ouverte à tous les badauds en quête d’un gigot de mouton !
- C’est là que les gardes lui ont demandé pourquoi il voulait voir Richard ?
- Oui… Mère Inquisitrice, nous devrions tuer ce type !
Un frisson glacé courut le long de l’échine de Kahlan. Cara n’était pas une garde du corps agressive qui se fichait d’étriper des innocents. Elle avait peur pour Richard, et cette seule idée suffisait à lui glacer les sangs.
- Je veux savoir comment cet homme est entré! Il n’aurait jamais dû pouvoir se présenter à une patrouille à l’intérieur du palais. S’il y a une faille dans notre sécurité, il faut la découvrir avant qu’un intrus moins courtois n’en profite !
- Laissez-moi faire, et nous saurons tout.
- C’est trop risqué! S’il meurt avant d’avoir parlé, nous n’apprendrons rien, et Richard sera encore plus en danger.
- Très bien, capitula Cara, nous agirons à votre manière. Mais n’oubliez pas que j’ai des ordres à exécuter.
- Des ordres ?
- Le seigneur Rahl nous a dit de vous protéger comme nous le protégerions. (D’un coup de tête, Cara renvoya sa natte blonde derrière son épaule.) Si vous êtes imprudente, Mère Inquisitrice – ou si vos scrupules mettent en danger la vie de mon maître – je serai contrainte de ne plus approuver votre union. Car vous savez, bien sûr, que je lui ai permis de vous garder…
Le rire de Kahlan s’étrangla dans sa gorge quand elle vit l’expression fermée de Cara. Avec les Mord-Sith, on ne savait jamais sur quel pied danser. Était-ce une plaisanterie, ou une menace ?
- Allons par là, dit la Mère Inquisitrice. C’est plus court, et après cette étrange intrusion, j’aimerais voir les pétitionnaires du jour. Notre homme peut être un leurre visant à détourner notre attention du véritable ennemi - caché parmi les visiteurs officiels.
- Comment avez-vous deviné que j’avais fait boucler et mettre sous bonne garde le hall des pétitions ?
- Tu as agi discrètement, au moins ? Inutile de terroriser d’innocents pétitionnaires, si ça n’est pas indispensable.
- J’ai dit aux officiers de ne pas les malmener gratuitement. Mais la protection du seigneur Rahl est prioritaire.
Kahlan ne trouva rien à objecter à cette profession de foi.
Imité par une vingtaine de collègues postés un peu à l’écart, un duo de gardes tout en muscles s’inclina devant les deux femmes avant d’ouvrir la lourde porte revêtue de bronze qui donnait sur les arcades du hall des pétitions. Une rampe de pierre, soutenue par des balustres en forme de vasque, courait derrière les colonnes de marbre blanc. Censée séparer les arcades de la salle où attendaient les pétitionnaires, cette barrière était en réalité symbolique.
Placées à trente bons pieds de haut, des lucarnes laissaient filtrer la lumière du jour dans la salle. Cette illumination ne les atteignant pas, les arcades étaient éclairées par la lueur diffuse des lampes pendues dans les petites niches du plafond.
Fidèles à une antique coutume, des requérants - appelés les pétitionnaires - se présentaient régulièrement au Palais des Inquisitrices pour exprimer des doléances de natures très diverses. Souvent, des citoyens venus se plaindre de l’envahissante présence des vendeurs à la sauvette dans les rues côtoyaient des ambassadeurs en quête d’aide militaire pour régler un conflit frontalier. Les affaires mineures, du ressort des fonctionnaires municipaux, étaient orientées vers les bureaux idoines. À condition d’être assez importantes, ou impossibles à traiter autrement, les requêtes politiques se réglaient devant le Conseil. Et le hall des pétitions servait en quelque sorte de centre de tri…
Lors de l’attaque de Darken Rahl, beaucoup d’officiels d’Aydindril avaient perdu la vie. Saul Witherrin, le chef du protocole, comptait au nombre des victimes avec la plus grande partie de ses collaborateurs.
Après avoir vaincu Darken Rahl, et pris sa place à la tête de D’Hara - une succession dont il se serait bien passé, mais qu’il était né pour assumer -, Richard avait mis un terme aux incessantes querelles des royaumes membres des Contrées du Milieu. Radical, il avait exigé leur reddition inconditionnelle afin d’en faire une force apte à affronter l’Ordre Impérial - une menace venue de l’Ancien Monde qui risquait de les balayer tous.
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                                         3eme leçon

            La passion domine la raison.

Chapitre premier

À la même seconde, les six femmes se réveillèrent en hurlant de douleur. Dans la petite cabine des officiers, où régnait une obscurité totale, sœur Ulicia entendit ses compagnes lutter pour reprendre leur souffle. Elle tenta de déglutir, soucieuse de réguler sa propre respiration, et fit la grimace quand sa gorge la brûla atrocement. Si ses paupières étaient humides, ses lèvres lui parurent tellement sèches qu’elle dut les humecter, affolée à l’idée qu’elles se craquellent et saignent.

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Un homme tapait à la porte, ses cris atteignant les oreilles de la sœur comme un bourdonnement étouffé. Elle ne tenta pas de se concentrer pour comprendre ce qu’il beuglait, car cela n’avait aucune importance.
Une main tendue vers le centre de la cabine, Ulicia laissa jaillir de son Han - l’essence même de la vie et de l’esprit - une onde de chaleur qui s’infiltra dans la lampe à huile qu’elle savait accrochée à une poutre. La mèche s’enflamma et lâcha une volute de suie qui ondula au gré du mouvement de balancier imprimé à la lampe par le roulis.
Entièrement nues - comme Ulicia - les autres femmes s’assirent sur leurs couchettes, fascinées par la pâle lumière jaune qui dansait devant leurs yeux. On eût dit qu’elles cherchaient dans cette lueur le salut… ou l’assurance d’être toujours vivantes en un monde où la lumière existait encore.
À la vue de la flamme, une larme roula sur la joue d’Ulicia. Cette obscurité l’avait étouffée, comme si on lui avait jeté sur la poitrine une tonne de terreau gras et humide.

seekernew1La literie était imbibée de sa sueur glaciale. Ici, tout était en permanence mouillé dans l’air saturé d’iode. Sans parler des trombes d’eau qui s’écrasaient régulièrement sur le pont et s’infiltraient à travers les planches. Depuis combien de temps Ulicia n’avait-elle plus senti contre sa peau le contact d’un vêtement où d’un drap sec ? Une éternité, lui semblait-il…
La sœur détestait ce navire, avec son éternelle moiteur, sa puanteur et le maudit tangage qui lui retournait l’estomac. Ravalant une remontée de bile, elle se consola en pensant qu’il fallait au moins être vivant pour haïr les êtres ou les choses. Et avoir survécu était un coup de chance…
Ulicia se frotta les yeux et tendit la main. Comme elle s’en doutait, ses doigts étaient poisseux de sang. Stimulées par son courage, certaines de ses compagnes l’imitèrent. Toutes avaient les paupières, les arcades sourcilières et les joues zébrées de griffures. La punition pour avoir essayé de s’ouvrir les yeux avec les ongles ! Une vaine tentative d’échapper au piège du sommeil, loin d’un rêve qui n’en était pas un.
Ulicia lutta pour s’éclaircir les idées. Il devait s’agir d’un cauchemar. Elle détourna les yeux de la flamme et regarda ses compagnes. Assise en face d’Ulicia, sur la couchette du bas, sœur Tovi, une vieille femme grassouillette au visage ridé, affichait une expression résolument morose. Sur la couchette d’à côté, ses cheveux gris bouclés en bataille, sœur Cecilia, d’habitude si soignée et souriante, était verdâtre de peur. Ulicia se pencha un peu pour jeter un coup d’œil au-dessus d’elle. Recroquevillée sur la couchette du haut, sœur Armina, bien moins âgée que Tovi et Cecilia - et encore très séduisante, comme Ulicia, d’un rien son aînée - ressemblait à une momie. D’une main tremblante, elle aussi essuya le sang qui lui empoissait les paupières.

legendoftheseeker_carAu-dessus de Tovi et de Cecilia, les deux plus jeunes sœur, imbues d’elles-mêmes comme il convient à des parangons de beauté, n’étaient pas plus vaillantes que les autres. Les joues lacérées, Nicci paraissait infiniment vieille avec ses cheveux blonds collés sur son crâne par la sueur et le sang. Ses superbes mèches noires emmêlées, Merissa serrait convulsivement une couverture sur sa poitrine nue. Pas par pudeur, mais parce qu’elle frissonnait de terreur.
Leurs aînées maniaient en expertes un pouvoir aux angles arrondis entre le marteau et l’enclume de l’expérience. Détentrices d’une puissance aussi rare que sombre, Nicci et Merissa faisaient montre d’une subtilité innée qu’aucune expérience au monde ne saurait conférer. Remarquablement rusées pour leur âge, elles ne se laissaient jamais abuser par les manières de grand-mère poule de Cecilia ou de Tovi. Malgré leur jeunesse triomphante et leur confiance sans limite, elles savaient que leurs quatre compagnes - en particulier Ulicia - les tailleraient sans mal en pièces si l’envie leur en prenait.
Étrangement, cela ne diminuait en rien leur importance. À leur façon, elles comptaient parmi les femmes les plus extraordinaires qui aient jamais arpenté le monde. Et le Gardien les avait choisies à cause de leur insatiable désir de domination.
Les voir dans un tel état accablait Ulicia. Mais le pire restait la terreur de Merissa, la sœur la plus impassible, dépourvue d’émotions et impitoyable qu’elle eût connue. Un être au cœur de glace noire…
En cent soixante-dix ans, Merissa n’avait pas versé l’ombre d’une larme. Et voilà qu’elle sanglotait comme une enfant !
Tout bien pesé, Ulicia fut revigorée par l’abjecte faiblesse de ses compagnes. À vrai dire, c’était même un spectacle satisfaisant. Elle les commandait, et se montrait logiquement plus forte qu’elles…

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L’homme continuait de tambouriner à la porte, résolu à savoir ce qui se passait. Pourquoi les passagères avaient-elles crié ?
- Fichez-nous la paix ! lança Ulicia, ravie de trouver un exutoire à sa colère. Si nous avons besoin de vous, nous vous appellerons !
Le marin battit en retraite dans la coursive en marmonnant des imprécations très vite inaudibles. Dans le silence revenu - à quelques craquements de bois près, car le navire essuyait du gros temps - les sanglots de Merissa résonnaient comme un tocsin.
- Arrête de pleurnicher ! cracha Ulicia.
- Ça n’a jamais été ainsi, se défendit Merissa. (Tovi et Cecilia approuvèrent d’un hochement de tête.) Je lui ai obéi en tout. Pourquoi nous a-t-il fait ça ? Je n’ai pas failli à mon devoir.
- Si c’était le cas, tu serais au même endroit que Liliana. Et nous aussi.
- Tu as également vu Liliana ? demanda Armina. Elle était…
- Je l’ai vue, coupa Ulicia, son ton égal dissimulant une indicible terreur.
- Liliana avait déçu le maître, rappela Nicci en écartant de son front une mèche de cheveux blonds tachés de sang.
- Et elle paye le prix de son échec, lâcha Merissa, l’angoisse presque disparue de ses yeux. Pour l’éternité ! (À l’évidence, le cœur de glace noir battait de nouveau fièrement dans sa poitrine et la haine, dans son regard, remplaçait la terreur.) Elle a ignoré vos ordres et ceux du Gardien, sœur Ulicia. C’est elle qui a saboté nos plans. Tout est sa faute !
La stricte vérité. Sans Liliana, les six femmes n’auraient pas été coincées dans ce fichu rafiot. Au souvenir de l’arrogance de cette idiote, Ulicia s’empourpra. Désireuse de récolter toute la gloire, Liliana avait mérité son sort. Pourtant, en repensant à ses tourments, dont elle avait été témoin, Ulicia ne put s’empêcher de déglutir péniblement. Cette fois, elle ne remarqua même pas qu’elle avait la gorge en feu…
- Que devons-nous faire ? demanda Cecilia avec un sourire d’enfant punie. Faut-il obéir à cet… homme ?
Du revers de la main, Ulicia essuya son front ruisselant de sueur. Si ce qu’elle avait vu était vrai, elles ne pouvaient pas s’offrir le luxe d’hésiter. Mais il restait possible qu’il se soit agi d’un cauchemar. Jusque-là, à part le Gardien, personne ne lui était jamais apparu dans le rêve qui n’en était pas un. Un cauchemar, oui, c’était sûrement ça…
Au pied de la couchette, un énorme cafard pataugeait dans le pot de chambre. Bien que fascinée par ses évolutions, Ulicia releva soudain les yeux.
- Un homme ? Tu n’as pas vu le Gardien ?
- Non, répondit Cecilia. C’était Jagang.
Tovi porta sa main gauche à ses lèvres pour embrasser son annulaire - un geste censé attirer la protection du Créateur. Et une habitude acquise dès son premier jour de noviciat… Les six femmes avaient appris à se « signer » ainsi tous les matins, dès le lever, et chaque fois qu’elles étaient en difficulté. Comme les autres, Tovi avait dû répéter ce rituel des milliers de fois sans y penser. Toute Sœur de la Lumière étant fiancée au Créateur - et soumise à sa volonté - c’était une façon de renouveler quotidiennement son engagement.
Pour des traîtresses comme les six femmes, ce rituel risquait d’avoir des conséquences… surprenantes. Selon certaines superstitions, la mort punissait toute servante du Gardien qui se laissait aller à y sacrifier spontanément. Prudentes, les Sœurs de l’Obscurité s’en abstenaient aussi souvent que possible. S’il semblait douteux que la colère du Créateur s’abatte sur elles en cas de « transgression », celle du Gardien ne les épargnerait sûrement pas.
Prenant conscience de son inconséquence, Tovi éloigna vivement sa main de ses lèvres.
- Vous avez toutes vu Jagang ? demanda Ulicia. (Les cinq sœurs acquiescèrent. Ce n’était pas une bonne nouvelle, mais il restait une étincelle d’espoir…) Bien, l’empereur vous est apparu. Ça ne signifie rien… Tovi, a-t-il dit quelque chose ?
La vieille femme saisit sa couverture et se la remonta jusqu’au menton.
- Nous étions toutes assises en demi-cercle, nues, comme toujours quand le Gardien exige de nous voir. Mais Jagang est venu à sa place.
Au-dessus d’Ulicia, Armina ne put étouffer un sanglot.
- Silence ! Tovi, cesse de trembler et répète-moi les paroles de l’empereur.

- Il a dit que nos âmes lui appartenaient, fit Tovi en baissant les yeux. Nous sommes devenues ses marionnettes, et nous devons répondre sur-le-champ à sa convocation. Sinon, a-t-il ajouté, le sort de Liliana nous paraîtra enviable. Car le faire attendre est un crime… (Elle leva sur Ulicia des yeux pleins de larmes) Ensuite, il m’a donné un avant-goût de ce que je subirai s’il m’arrivait de lui déplaire.
Glacée jusqu’aux os, Ulicia s’aperçut qu’elle aussi avait remonté sa couverture au ras de son cou. Mobilisant sa volonté, elle la reposa sur ses genoux.
- Armina, tu as fait la même expérience ?
- Oui.
- Et toi, Cecilia ?
- Oui…
Ulicia regarda ses deux jeunes compagnes, en face d’elle, qui avaient déjà réussi - un exploit ! - à reprendre leur contenance coutumière.
- Avez-vous entendu le même discours ?
- Oui, répondit simplement Nicci.
- Au mot près, confirma Merissa avec un calme souverain. Et c’est à Liliana que nous devons ça !
- Si le Gardien est mécontent de nous, avança Cecilia, il nous a peut-être provisoirement offertes à l’empereur. Une sorte d’épreuve, avant de regagner ses faveurs…
- J’ai juré de servir le Gardien, dit Merissa, le dos bien droit et le regard glacial. S’il faut lécher les pieds de cette brute de Jagang pour satisfaire le maître, je le ferai sans hésiter.
Dans le rêve qui n’en était pas un, un peu avant de s’en aller, l’empereur avait ordonné à Merissa de se lever. Tendant la main, il lui avait serré un sein si fort qu’elle en avait vacillé sur ses jambes. Un coup d’œil sur le mamelon droit tuméfié de la sœur confirma à Ulicia qu’il ne s’était pas agi d’un cauchemar.
- Si nous le faisons attendre, dit Merissa sans daigner couvrir sa nudité, il a promis que nous le regretterions…

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                                 2eme leçon

Les pires maux découlent des meilleures intentions

Chapitre premier

Rachel serra la poupée contre sa poitrine et regarda la silhouette noire qui l’épiait, cachée dans les fourrés.
Mais l’épiait-elle vraiment ? Difficile à dire, puisque les yeux de la créature étaient aussi sombres que son corps, sauf quand la lumière s’y reflétait. Dans ces moments là, ils émettaient une vive lueur jaune.
La petite fille avait souvent vu des animaux dans la forêt : des lapins, des ratons laveurs, des écureuils et bien d’autres encore. Cette bête-là était beaucoup plus grosse. Au moins aussi grande que Rachel et peut être davantage. Les ours avaient une fourrure noire. Et si c’en était un ?
Cela dit, l’enfant n’était pas vraiment dans la forêt, mais à l’intérieur d’un bâtiment. La première fois de sa vie qu’elle voyait des bois couverts. Y trouvait-on les mêmes animaux que dans la véritable nature ?
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Si Chase n’avait pas été là, elle aurait été morte de peur. Avec lui, elle ne craignait rien, parce que c’était l’homme le plus courageux du monde ! Pourtant, elle ne se sentait pas très rassurée. Selon Chase, elle était la petite fille la plus courageuse du monde. Alors, pas question qu’il la croie terrorisée par un gros lapin !
Il s’agissait peut-être seulement de ça : un gros lapin assis sur un rocher ou une souche. Mais elle ne voyait pas ses longues oreilles. Et un ours n’en avait pas…
Rachel mordit très fort le pied de sa poupée.
Elle tourna la tête vers l’étendue d’herbe - au bout du sentier, au delà des parterres de fleurs et des murets couverts de lierre - où Chase était en grande conversation avec Zedd, le vieux sorcier. Debout devant un autel de pierre, ils regardaient trois petites boîtes et se demandaient ce qu’ils allaient en faire. Rachel savait ce que ça signifiait : Darken Rahl n’avait pas gagné et il ne ferait plus jamais de mal à personne. Une nouvelle qui la comblait de joie.
La petite fille tourna de nouveau la tête et constata, soulagée, que le monstre noir était parti. Sondant les alentours, elle ne le vit nulle part.
- Sara, où est il allé ? souffla-t-elle.
La poupée ne répondit pas. Rachel lui mordit le pied plus fort et décida de rejoindre Chase. Même si ses jambes auraient aimé courir, il ne fallait pas que son nouveau papa doute de sa bravoure. Ses compliments lui avaient fait tellement plaisir ! En marchant, elle jeta un coup d’œil derrière son épaule et ne vit pas trace du monstre. Il était sûrement retourné dans son terrier, s’il en avait un.
Les jambes de Rachel insistaient toujours pour courir, mais elle les en empêcha.
Quand elle eut rejoint Chase, elle se blottit contre lui et passa les bras autour d’une de ses énormes cuisses. Sachant qu’il était impoli d’interrompre les adultes, elle attendit en tétant le pied de Sara.
- Qu’arriverait-il si tu refermais simplement le couvercle ? demanda Chase au sorcier.
- Comment veux-tu que je le sache ? s’écria Zedd, les bras levés au ciel, sa crinière blanche en bataille ondulant en rythme. Bon sang, je ne suis pas devin ! Connaître la nature des boites ne suffit pas à savoir comment procéder, maintenant que Darken Rahl en a ouvert une. La magie d’Orden l’a puni en lui ôtant la vie. Elle aurait aussi bien pu détruire le monde. Si je referme la boîte, elle risque de me tuer. Ou de faire pire encore…
- On ne peut pas laisser ces trucs comme ça, soupira Chase. Il faut agir !
Sourcils froncés, le sorcier étudia les boîtes. Après une longue minute de silence, Rachel tira sur la manche du garde-frontière, qui baissa les yeux vers elle.

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- Chase…
- Comment ça, Chase ? Je croyais t’avoir informée des règles en vigueur chez moi… (Il plaqua les poings sur ses hanches et fit une grimace comique pour avoir l’air sévère. Rachel éclata de rire et lui serra plus fort la jambe.) Tu es ma fille depuis quelques semaines et tu désobéis déjà ? « Papa », voilà comment il faut m’appeler ! Aucun de mes gosses n’a le droit de me donner du « Chase ». C’est compris ?
- Oui, Cha… papa.
Le garde-frontière roula de gros yeux et secoua la tête. Puis il ébouriffa les cheveux de la fillette.
- Que se passe-t-il, ma chérie ?
- Une bête se cache dans les fourrés. Je crois que c’est un ours. Tu devrais dégainer ton épée et aller voir…
- Un ours ? C’est un jardin intérieur, Rachel. Il n’y a aucun danger. Tu as peut-être vu une ombre. Ici, la lumière a des effets bizarres…
- Ce n’était pas une ombre, Cha… papa, insista Rachel. Et ça me regardait !
Chase lui ébouriffa de nouveau les cheveux, posa un de ses battoirs sur sa joue et l’attira plus près de sa jambe.
- Reste près de moi et ce gros monstre ne t’embêtera plus.
Rachel se blottit de plus belle, le pied de Sara toujours dans la bouche. Rassurée, maintenant qu’elle était avec son protecteur, elle osa regarder de nouveau les fourrés.
Dissimulée derrière un muret, la créature noire approchait lentement. Rachel mordit le pied de Sara, gémit et leva les yeux vers Chase, qui désignait l’autel.
- Et cette pierre, ou cette gemme… enfin, ce machin ? Est-il sorti de la boite ?
- Oui, répondit Zedd. Mais je ne te dirai pas ce que c’est avant d’en être sûr. En tout cas, pas à haute voix…
- Papa, pleurnicha Rachel, le monstre approche !
- Oui, oui…, fit Chase en baissant les yeux sur l’enfant. Tu veux bien le surveiller pour moi ? (Il regarda de nouveau le sorcier.) Comment ça, tu ne me diras rien ? Ça a un rapport avec l’histoire du voile déchiré, entre le royaume des morts et notre monde ?
Zedd se massa le menton du bout de ses doigts décharnés et contempla dubitativement la pierre noire posée devant la boîte ouverte.
- C’est bien ce qui m’inquiète…
Rachel essaya de voir où était le monstre et frissonna quand une main s’accrocha au rebord du muret. La bête approchait toujours. Et ce n’était pas une main, mais une patte, avec de longues griffes recourbées.
Elle leva les yeux vers Chase, pour voir s’il était assez bien armé. Son… papa… portait au ceinturon une multitude de couteaux, une énorme hache et des massues hérissées de piques. Une grande épée pendait à son épaule, juste à côté d’une arbalète. La fillette espéra que ça suffirait. Si cette panoplie effrayait les hommes, elle ne semblait pas impressionner la créature noire. Le sorcier, lui, n’avait même pas une dague. Dans sa tunique toute simple, il paraissait squelettique. Tout le contraire de Chase ! Mais ses pouvoirs feraient peut-être fuir le monstre…
La magie ! Rachel se souvint du bâton de feu que Giller, un autre sorcier, lui avait donné. Elle glissa une main dans sa poche et le saisit, décidée à être courageuse si Chase avait besoin d’aide. La bête ne ferait pas de mal à son nouveau papa !
- Cette pierre est dangereuse ? demanda le garde-frontière au sorcier.
- Si c’est ce que je pense, répondit Zedd, le regard noir sous ses sourcils broussailleux, et qu’elle tombe entre de mauvaises mains, « dangereuse » est un foutu euphémisme !
- Dans ce cas, on devrait la détruire, ou la jeter au fond d’une crevasse.
- Pas question ! Nous pourrions en avoir besoin.
- Alors, si on la cachait ?
- C’est la meilleure solution. Mais où ? Et il y a d’autres difficultés. Avant de décider du sort de la pierre et des boîtes, je dois emmener Adie en Aydindril et étudier les prophéties avec elle.
- En attendant d’être sûr, que proposes-tu ?
Rachel surveillait toujours le monstre, qui s’était approché au maximum - sans se faire voir. Les griffes toujours accrochées au rebord, il regarda par-dessus le muret et ses yeux plongèrent dans ceux de la fillette.
La créature sourit, révélant ses crocs acérés. Le souffle coupé, Rachel vit les épaules du monstre tressauter. Il riait ! Le cœur battant la chamade, l’enfant écarquilla les yeux de terreur.
- Papa…, gémit-elle.
Chase ne la regarda pas et lui fit signe de se taire. Toujours hilare, la créature entreprit d’enjamber le muret. Elle étudia Chase et Zedd, puis s’accroupit en lâchant un sifflement amusé.
Rachel tira sur la jambe de pantalon du garde-frontière et lutta pour parler malgré sa gorge nouée.
- Papa, le monstre est là !
- Merci, ma chérie… Zedd, je ne sais toujours pas…
À la vitesse de l’éclair, la créature chargea en hurlant. Elle courait si vite qu’on voyait seulement une ombre noire.

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Rachel cria et Chase se retourna au moment où la bête le percutait. Alors que des griffes déchiraient l’air, le garde-frontière s’écroula, laissant le monstre sauter sur Zedd.
Le sorcier battit des bras. Des éclairs jaillirent du bout de ses doigts, ricochèrent sur la peau de la créature et allèrent frapper le sol. Comme Chase, Zedd bascula en arrière et s’écroula.
Moitié riant, moitié hurlant, le monstre se jeta sur le garde-frontière, qui tentait de tirer sa hache de sa ceinture. Rachel cria quand les affreuses griffes entaillèrent les chairs de Chase. Plus rapide qu’aucun animal qu’elle ait vu, la bête frappait si vite qu’on ne distinguait plus ses pattes.
Rachel comprit que son papa souffrait atrocement.
Sans cesser de rire, la créature fit sauter la hache des mains de Chase.
La fillette sortit son bâton magique, avança et appuya la pointe sur le dos du monstre.
- Brûle pour moi ! cria-t-elle.
La bête noire s’embrasa, lâcha un affreux hurlement et se retourna, sa gueule grande ouverte déjà enveloppée de flammes. Elle riait toujours, mais pas du tout comme les grandes personnes, quand elles trouvent une situation amusante…
Rachel en eut la chair de poule.
Toujours en flammes, le monstre se jeta sur l’enfant, qui recula d’un bond.
Chase leva un bras. S’encourageant d’un grognement, il lança une de ses massues hérissées de piques, qui s’enfonça dans l’épaule de leur agresseur. La bête se tourna vers le garde-frontière, rit de plus belle, leva un bras en arrière et arracha l’arme. Puis elle chargea l’humain qui avait osé l’attaquer.
Zedd se releva. Des flammes jaillirent de ses mains et vinrent s’ajouter à celles qui léchaient déjà le monstre. Dans un concert d’éclats de rire moqueur, toutes les langues de feu s’éteignirent. Quand la fumée se fut dissipée, la bête réapparut, identique à ce qu’elle était avant l’attaque. D’ailleurs, pensa Rachel, elle semblait avoir déjà été brûlée, avant même qu’elle n’utilise son bâton magique.
Chase se remit debout, couvert de sang. Le voyant ainsi, l’enfant ne put retenir ses larmes. Mais le garde-frontière, insensible à la douleur, s’empara de son arbalète et, à une vitesse ahurissante, décocha un carreau. Le projectile s’enfonça dans l’épaule du monstre… qui l’arracha en riant aux éclats.
Chase jeta l’arbalète, dégaina son épée et chargea. Il frappa, mais sa cible se déplaçait trop vite et la lame siffla dans le vide. Par bonheur, Zedd dessina dans l’air des arabesques qui envoyèrent la créature bouler dans l’herbe, comme si un bélier invisible l’avait percutée. Épée brandie, Chase se campa devant Rachel. De sa main libre, il la tira derrière lui.
Le monstre se releva, étudiant ses trois adversaires.
- Marchez ! cria Zedd. Ne courez pas ! Mais ne restez pas immobiles non plus !
Chase prit Rachel par le poignet et recula lentement. Le sorcier imita la manœuvre.
Décontenancée, la créature cessa de rire et les regarda.

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NAVIGUER SUR LES DIFFERENTS EXTRAIT

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                                              1ere leçon

Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité.

L’AUTEUR:

Terry Goodkind grandit à Omaha, Nebraska, où il suit des cours de dessin à l’école des beaux arts de la ville. Suite à ses études, il exerce plusieurs métiers, peintre en faune et flore, luthier, restaurateur d’artéfacts rares et exotiques, acquérant ainsi un bagage culturel qui s’avère fort utile lorsqu’il se met à l’écriture.
En 1983, Goodkind s’installe dans les forêts du nord-est américain qu’il aime tant. Là, dans les bois, non loin de l’océan, il construit la maison dans laquelle il vit en compagnie de sa femme, Jeri, et des histoires qu’il finit par raconter pour la plus grande joie des lecteurs de tout âge.
La saga de L’Epée de vérité naît dans l’esprit de Goodkind au début des années 1990 alors qu’il bâtit sa maison. « Tout a commencé avec le personnage de Kahlan, C’est elle la première graine dont a germé la suite, » se remémore-t’il. »c’est rapidement devenu une obsession. Dès que j’ai commencé à jeter les première lignes de L’Epée de vérité sur du papier, j’ai su que je venais de trouver ma voie. J’avais enfin trouvé ce à quoi j’allais dédier ma vie. »

L’épée de vérité, tome 1 : La première leçon du sorcier

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Résumé

En sauvant la belle Kahlan des griffes de ses poursuivants, Richard Cypher sait qu’il ne la quittera plus car, désormais, le danger rôde en Hartland. Venant des Contrées infranchissables du Milieu, des créatures monstrueuses ont suivi les pas de l’étrangère et seul Zedd, le vieil ermite, peut lui venir en aide… mais en bouleversant son destin. Richard devra porter l’Épée de Vérité et s’opposer aux forces de Darken Rahl, le mage dictateur.
Ainsi commence une extraordinaire quête à travers les ténèbres. Au nom de l’amour et à n’importe quel prix.

Chapitre premier

Une étrange variété de plante grimpante…
Des feuilles panachées brunâtres s’enroulaient autour de la liane qui étranglait lentement le tronc lisse d’un sapin baumier. De la sève suintant de son écorce blessée, ses branches desséchées inclinées vers le sol, l’arbre sembla appeler au secours dans l’air frais et humide de la matinée. Sur toute la longueur de la liane, à intervalles irréguliers, des cosses scrutaient les alentours comme si elles redoutaient que des témoins surprennent cet assassinat végétal.
Évoquant une créature déjà immonde de son vivant, l’odeur de décomposition avait attiré l’attention de Richard. Il passa une main dans ses cheveux épais pendant que son esprit émergeait des brumes du désespoir, ramené à la réalité par la découverte de la plante tueuse. Puis il regarda autour de lui pour voir s’il y en avait d’autres. Rien. Tout semblait normal. Caressés par la brise, les érables du haut plateau de la forêt de Ven arboraient fièrement leur nouveau manteau cramoisi. Avec les nuits plus froides, leurs cousins des bois de Hartland, dans les plaines, se mettraient bientôt à l’unisson. Derniers à succomber aux assauts de l’automne, les chênes conservaient stoïquement leur feuillage vert sombre.
Pour avoir passé la plus grande partie de sa vie dans les bois, Richard connaissait toutes les plantes, même si leurs noms lui échappaient parfois. Depuis sa petite enfance, son ami Zedd l’associait à son incessante quête d’herbes « spéciales ». Expliquant pourquoi elles poussaient à certains endroits et pas ailleurs, il lui avait montré lesquelles chercher et avait profité de leurs longues promenades pour lui apprendre le nom de tout ce qu’ils voyaient. Souvent, ils s’abandonnaient simplement au plaisir de longues conversations. Le vieil homme, qui traitait Richard comme un égal, posait autant de questions qu’il fournissait de réponses. Ainsi, il avait stimulé la soif de connaissances de son protégé.
Malgré cette formation exhaustive, Richard n’avait vu cette variété de liane qu’une fois… et ce n’était pas au cœur de la nature. Dans la maison paternelle, au fond du vase en argile bleu fabriqué quand il était enfant, il avait trouvé un petit morceau de la plante… Marchand de son métier, son père voyageait beaucoup pour se procurer des objets rares ou exotiques. Les puissants de leur communauté lui rendaient de fréquentes visites, intéressés par ce qu’il avait déniché. Amoureux de la recherche davantage que de la découverte - et surtout de la possession - il se séparait sans rechigner de sa dernière trouvaille, trop heureux de se mettre en quête de la suivante.
Depuis sa plus tendre enfance, Richard aimait rester près de Zedd pendant que son père était au loin. Michael, son frère aîné, se désintéressait de la nature, ne supportait pas les bavardages décousus du vieil homme et préférait de loin la compagnie des gens importants. Cinq ans plus tôt, Richard avait quitté la maison familiale pour vivre seul. Au contraire de son frère, toujours trop occupé, il allait souvent voir leur père. En cas d’absence, un message déposé dans le vase bleu l’informait des dernières nouvelles, résumait les rumeurs intéressantes ou décrivait la plus récente merveille vue par son géniteur.
Trois semaines plus tôt, quand Michael lui avait annoncé qu’on venait d’assassiner leur père, Richard avait aussitôt couru jusqu’à sa maison. Tant pis si son frère avait insisté pour qu’il n’en fasse rien, convaincu que c’était inutile ! N’avait-il pas depuis longtemps passé l’âge où on obéit à son aîné ?
Pour lui épargner un choc, on ne lui avait pas laissé voir le cadavre. Mais les flaques de sang noir et sec, sur le plancher, parlaient d’elles-mêmes. À son approche, les gens s’étaient tus - sauf pour lui manifester une compassion qui attisa son chagrin. Mais plus tard, il avait capté des bribes de conversation au sujet des… créatures… qui franchissaient la frontière. Un mélange d’histoires plausibles et de rumeurs délirantes.
La sorcellerie !
La petite maison de son père était ravagée comme par une tornade. Parmi les rares objets intacts, le vase bleu reposait toujours sur une étagère. Au fond, il avait découvert un petit morceau de la plante tueuse - encore dans sa poche aujourd’hui. Mais le sens de cet ultime message lui échappait…
Richard sombra dans le chagrin, puis dans la dépression, et se sentit abandonné bien qu’il eût encore son frère. Avoir atteint l’âge d’homme ne le protégea pas du sentiment d’être orphelin et seul au monde. Un désespoir qu’il avait déjà connu lors du décès de sa mère des années plus tôt. Même si son père voyageait par monts et par vaux - souvent des semaines entières -, Richard savait qu’il était quelque part et qu’il reviendrait.
À présent, il ne reviendrait plus.
Et Michael ne le laissait pas participer à la traque du meurtrier ! Les meilleurs pisteurs de l’armée s’en chargeaient. Pour son propre bien, Richard - prétendait-il ! - ne devait pas s’en mêler. Dans ces conditions, le jeune homme n’avait pas jugé utile de lui montrer le dernier message de leur père.
Mais il était parti dans la forêt tous les jours, décidé à trouver la liane. Trois semaines durant, il avait arpenté les sentiers des bois de Hartland, y compris ceux qu’il était seul à connaître. En vain !
Alors, malgré ce que lui dictait la logique, il céda aux voix qui murmuraient dans son esprit et monta sur le haut plateau de la forêt de Ven, près de la frontière. Les voix lui répétaient sans cesse qu’il savait quelque chose sur les raisons de la mort de son père. Elles le défiaient, lui faisaient entendre l’écho de pensées qui dansaient à la limite de son conscient et se moquaient de son aveuglement. Mais c’était sûrement son chagrin qui lui jouait des tours - rien de réel, en somme.
Persuadé que trouver la liane lui fournirait un début de réponse, il ne savait plus que penser. Les voix ne le harcelaient pas, elles… boudaient. Certain que tout venait de son esprit, il s’ordonna de cesser d’attribuer à ces murmures une vie propre. Zedd aurait été navré qu’il s’abandonne à ces fantaisies.
Richard regarda le grand sapin baumier agonisant et repensa à la mort de son père. La liane était présente dans les deux cas, et elle assassinait cet arbre. Il n’y avait rien de bon dans tout ça. Et s’il ne pouvait plus sauver son père, rien ne l’obligeait à laisser le végétal commettre un autre meurtre. Saisissant la tige, il tira, banda ses muscles et arracha de l’écorce les vrilles noueuses.
Alors, la plante l’attaqua !
Une cosse frappa le dos de sa main gauche, le forçant à reculer sous l’effet de la douleur et de la surprise. Quand il inspecta la blessure, il repéra une minuscule épine enchâssée dans sa chair. Maintenant, il n’y avait plus de doute. La liane était maléfique.
Pour extraire l’épine, Richard voulut prendre son couteau, mais il ne le trouva pas à sa ceinture. D’abord étonné, il se maudit d’avoir laissé le chagrin lui faire oublier une précaution aussi élémentaire. Emporter son couteau dans la forêt allait pourtant de soi ! Du bout des ongles, il tenta de déloger l’épine. Comme si elle était vivante, elle s’enfonça encore. De plus en plus inquiet, il passa l’ongle de son pouce sur l’entaille en appuyant très fort. Peine perdue ! Plus il insistait, plus le petit corps étranger s’enfonçait. En proie à une nausée aggravée par ses manœuvres inutiles, il renonça.
L’épine avait disparu dans un cloaque de sang…
Richard regarda autour de lui et avisa les feuilles d’automne mordorées d’un arbuste lesté de baies violettes. Au pied du végétal, nichée dans les replis d’une racine, il trouva ce qu’il cherchait : une fleur d’aum. Soulagé, il coupa la tige fragile à ras du sol et, la pressant doucement, fit couler sur sa blessure une sève épaisse claire comme de l’eau. Mentalement, il remercia Zedd de lui avoir enseigné que les fleurs d’aum favorisaient la guérison des plaies. Leurs feuilles dentelées lui rappelaient toujours son vieil ami…
La sève apaiserait la douleur, mais ne pas pouvoir retirer l’épine l’inquiétait. D’autant qu’il la sentait toujours se tortiller comme un ver dans sa chair.
Richard s’accroupit, creusa du bout des doigts un petit trou dans la terre, repiqua la fleur d’aum et entoura la tige de mousse pour qu’elle s’enracine plus facilement.
Soudain, un silence de mort tomba sur la forêt. Richard leva la tête et cligna des yeux quand une ombre noire, au-dessus de lui, rasa la cime des arbres en émettant un étrange sifflement. La taille de cette ombre était effrayante. Les oiseaux s’envolèrent des branches dans un concert de piaillements et s’éparpillèrent dans toutes les directions. Richard plissa les yeux pour mieux voir à travers les trouées de la frondaison vert et roux et aperçut une énorme créature rouge. Bien qu’il fût incapable de l’identifier, les rumeurs - et les histoires vraies - sur les monstres qui franchissaient la frontière lui revinrent à l’esprit et il se sentit glacé de terreur jusqu’aux os.
La liane était maléfique, pensa-t-il de nouveau. Et la bête volante n’avait rien à lui envier. Il se souvint soudain d’un vieux dicton : « Le mal engendre toujours trois enfants. » Inutile de réfléchir des heures pour conclure qu’il n avait aucune envie de connaître le troisième !
Ignorant sa peur, il se mit à courir.
Des radotages de gens superstitieux, voilà pour les dictons ! Mieux valait tenter d’en savoir plus sur le monstre. Quelle créature rouge pouvait être aussi grosse ? Rien d’aussi imposant n était capable de voler. Ce devait être un nuage, ou un jeu de lumière…
Non, inutile de se leurrer. Ce n était pas un nuage…
Richard leva la tête sans ralentir et ne vit rien de plus. Il courait vers le chemin qui serpentait autour de la colline, offrant une vue dégagée sur le ciel. Tandis qu’il sautait au-dessus des troncs d’arbres morts et des ruisseaux, des branches encore lourdes des pluies de la veille lui flanquaient de formidables gifles. Les buissons d’épineux déchiquetaient les jambes de son pantalon. Des flaques irrégulières de lumière l’incitaient à lever les yeux, puis l’éblouissaient pour mieux l’empêcher de voir. Haletant, le front couvert d’une sueur froide, il sentait son cœur s’affoler, poussé aux limites de sa résistance par la vitesse à laquelle il dévalait la pente. Manquant de peu s’étaler, il émergea enfin du couvert des arbres et déboucha sur le sentier.
Il repéra aussitôt la créature, beaucoup trop loin de lui pour qu’il puisse l’identifier. Il aurait pourtant juré qu’elle avait des ailes. Afin de s’en assurer, il plissa les yeux et mit une main en visière. Mais le monstre disparut derrière une colline, trop vite pour qu’il voie s’il était vraiment rouge.
À bout de souffle, Richard s’assit sur un rocher, au bord du sentier. Cassant machinalement les brindilles mortes d’un arbrisseau, près de lui, il baissa les yeux sur le lac Trunt, dont les eaux miroitaient au pied de la colline. Devait-il tout raconter à Michael ? La liane tueuse et la créature rouge dans le ciel ? Son frère éclaterait de rire en l’entendant parler du « monstre ». Comme il s’était lui-même esclaffé de ce genre de fables…
Mieux valait ne rien dire. Sinon, Michael serait furieux qu’il se soit aventuré près de la frontière. Et qu’il ait désobéi à l’ordre de ne pas poursuivre le meurtrier. Pour le couver comme ça - ce n’était pas très loin du harcèlement - son frère devait beaucoup l’aimer, il en avait conscience. Devenu adulte, il avait le droit de se moquer des diktats fraternels. Mais ça ne l’empêcherait pas de devoir supporter les regards désapprobateurs…
Richard cassa une autre brindille. Pour se défouler, il la jeta sur un rocher plat. Puis il décida de ne pas se sentir persécuté. Michael passait son temps à dire aux gens ce qu’ils devaient faire. Même leur père n’y avait pas échappé.
Était-ce vraiment le moment de critiquer son frère ? Alors qu’un grand jour s’annonçait pour lui ? Dans quelques heures, il accepterait la charge de Premier Conseiller. Désormais, il serait responsable de tout. Pas seulement de la cité de Hartland, mais de toutes les agglomérations, villes ou villages, de Terre d’Ouest. Sans oublier les gens des campagnes ! Oui, responsable de tout et de tous. Michael méritait le soutien de Richard. Et il en avait besoin. Après tout, lui aussi avait perdu son père…
L’après-midi, il y aurait chez Michael une cérémonie puis une grande fête. Des gens importants venus des quatre coins de Terre d’Ouest y assisteraient. Richard aussi était invité. Tant mieux, car le banquet serait à la hauteur de l’événement, et il avait une faim de loup !
En réfléchissant, Richard scrutait la berge opposée du lac Trunt, en contrebas. De cette hauteur, les eaux limpides laissaient voir des alternances de fonds rocheux tapissés d’algues vertes autour de certains grands trous. Au bord du lac, la piste des Fauconniers serpentait entre les arbres, parfois en terrain découvert. Richard avait souvent emprunté cette partie du sentier. Au printemps, les eaux du lac, grossies par les pluies, la transformaient en bourbier. Si tard dans l’année, la terre serait sèche. Plus loin au nord et au sud, à travers la forêt de Ven, la piste s’approchait dangereusement de la frontière. Prudents, la plupart des gens lui préféraient les sentiers des bois de Hartland. Forestier accompli, Richard y avait accompagné plus d’un voyageur. En majorité des dignitaires en déplacement plus intéressés par le prestige d’avoir un guide local que par son sens de l’orientation.
Richard sursauta. Il venait de capter un mouvement. Intrigué, il fixa un point, sur la berge la plus éloignée du lac.
Une ombre passa derrière un mince écran de végétation. Plus de doute possible : un être humain suivait la piste. Son ami Chase ? Sans doute… À part un garde-frontière, qui s’aventurerait par là ?
Richard sauta de son rocher, jeta au loin les brindilles et avança de quelques pas. La silhouette venait d’atteindre la berge du lac et marchait à découvert.
Ce n’était pas Chase, mais une femme, Et vêtue d’une robe, en plus de tout ! Comment pouvait-on être stupide au point d’errer ainsi accoutrée dans les profondeurs de la forêt de Ven ? Richard regarda l’inconsciente apparaître et disparaître à sa vue au gré des détours de la piste. Sans se précipiter, elle avançait d’un bon pas, comme l’eût fait un voyageur expérimenté. Ce qu’elle devait être, puisque personne ne vivait au bord du lac…
D’autres mouvements attirèrent l’attention de Richard. Sondant la piste, il constata que la femme était suivie. Trois hommes - non, quatre ! - habillés de manteaux à capuche de forestiers. Passant furtivement de rocher en arbre et d’arbre en rocher, ils restaient à bonne distance de la voyageuse – sans jamais la quitter des yeux.
Richard se tendit, tous les sens en alerte.
Ces hommes traquaient une proie.
De toute évidence, il venait de rencontrer le troisième enfant du mal.

L'épée De Vérité

 

Il est nécessaire d’avoir lu le livre avant de lire le résumé détaillé. Ce résumé, comme son nom l’indique, résume les faits importants de l’histoire, ce qui pourrait grandement gâcher votre lecture.

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L’histoire commence au début de l’automne. George Cypher est mort il y a quelques semaines, tué par Darken Rahl qui cherchait des réponses dans ses entrailles. Kahlan vient de traverser la frontière séparant les Contrées du Milieu de Terre d’Ouest, à l’aide de sorts lancés par cinq des six derniers sorciers en vie. Elle cherche le grand sorcier, qui s’avérera être Zedd.

Richard Cypher se fait piquer par une liane serpent alors qu’il cherchait des indices sur la mort de son père. Sur le chemin du retour, il rencontre Kahlan, poursuivie par un quatuor. Après avoir tué les quatre hommes ensemble, Richard décide d’emmener sa nouvelle amie voir Zedd, qui pourra sûrement l’aider à trouver ce qu’elle cherche. En ville, ils assistent à la cérémonie d’investiture de Michael, le frère de Richard, en tant que nouveau Premier Conseiller.

Passant d’abord chez Richard, ils échappent à Darken Rahl qui l’y attendait. Richard récupère tout de même son croc, puis ils prennent enfin la direction de la maison de Zedd. Ils s’arrêtent dans un pin compagnon pour la nuit. Richard sauve Kahlan du Royaume des Mort. Plus tard, elle libère Shar, une flamme-nuit, de sa bouteille. Celle-ci offre l’aide des siens à Richard. Enfin, Kahlan la touche avec son pouvoir afin qu’elle meurt dans le bonheur.

Arrivés chez Zedd, Richard et Kahlan raconte l’histoire de la jeune femme et Zedd soigne la blessure de Richard, fiévreux et malade. Un garn tente de les attaquer mais Zedd le menace et l’envoie tuer le second quatuor. Après diverses explications et révélations, Richard est nommé Sourcier de Vérité, et Zedd et Kahlan jurent de le protéger au péril de leur vie. Des villageois tentent de s’en prendre à Zedd mais celui-ci leur joue un de ses petits tours afin de se débarrasser d’eux. Ils fuient tous trois en direction de la maison de Chase, le garde frontière. Juste après leur départ, Darken Rahl arrive sur le dos d’Ecarlate, le dragon rouge, et, furieux qu’ils aient réussi à lui échapper, incendie la maison du vieux sorcier.

Durant le trajet, des garns les attaquent, mais le chat de Zedd les prévient à temps et protège Richard. Passage éclair chez Chase : Kahlan met les vêtements d’une des filles Brandstone, le chat est adopté par Lee, Chase accepte de les aider. Ils prennent alors la piste des Fauconniers en direction de Havre du Sud, le garde frontière les menant par la forêt pour les protéger.

Richard teste le rocher nuage de Zedd. Avant de repartir, Zedd « cache » le nuage-espion qui traque Richard en en agglutinant d’autres autour. Chase montre à Richard la sensation de contact et les effets d’une rencontre avec la frontière. Des créatures du Royaume des Morts attaquent. Zedd et Chase sont blessés et sombrent dans un sommeil profond. Richard et Kahlan les transportent tant bien que mal et se réfugient pour la nuit sur une île du marais de Skow après une attaque de chiens à coeur.

Ils arrivent à Havre du Sud et s’installent dans l’auberge de William. Ils repartent précipitamment le lendemain en direction de chez Adie, la Dame aux Ossements : l’un des hommes du quatuor a échappé au garn et veut poursuivre sa mission. Il a déclenché un combat dans la salle commune.

Adie les accueille, leur explique de quoi souffrent leurs deux amis et comment les soigner. Elle leur raconte une partie de son histoire et la façon dont ils devront emprunter le Passage du Roi. Richard décide de partir seul avec Kahlan et donne comme consigne à Adie d’envoyer Chase prévenir Michael du danger que représente Darken Rahl. La vieille dame donne à Richard une Pierre de Nuit et à Kahlan un pendentif, le même que celui qu’elle a offert des années plus tôt à la mère de la jeune femme.

Ils empruntent le Passage du Roi. Le Chas de l’Aiguille étant partiellement bouché par un éboulement, ils s’y faufilent, se battent contres des créatures de la frontière. Richard traverse mais se retrouve seul de l’autre côté. Il fait alors demi-tour pour aller chercher Kahlan, se bat contre le dernier homme du quatuor, le tue avec l’Epée de Vérité, et ressent pour la première fois la douleur que celle-ci procure lorsque l’on tue avec.

Darken Rahl manipule Carl, un jeune garçon, lui faisant promettre de le servir et offre ainsi son âme au Gardien lors d’une cérémonie, avec l’aide de Demmin Nass, afin de voyager dans le Royaume des Morts.

Richard et Kahlan arrivent sur le territoire du Peuple d’Adobe. Ils y rencontrent Savidlin et quelques autres chasseurs. Richard fait preuve de son habituelle délicatesse pour s’en faire un ami. Afin d’être adoptés et ainsi pouvoir demander un conseil des devins, Richard leur montre comment fabriquer des toits en tuiles, qui ne fuient pas, et des cheminées qui n’enfument pas. Les Anciens n’apprécient pas et ne les acceptent pas.

Avant leur départ, Siddin joue avec la Pierre de Nuit et invoque malencontreusement les esprits de la frontière. Richard et Kahlan courent le sauver, tranchant les ombres, mais Toffalar, l’un des Anciens, s’y oppose en disant qu’ils tuent les esprits de leurs ancêtres. Il meurt sous le pouvoir de l’Inquisitrice. Leur bravoure leur vaut d’être adoptés.

Une grande cérémonie est organisée pour leur accueil et pour les préparer au conseil. Pour respecter la tradition en tant que nouveau membre du peuple, Richard se voit proposer d’épouser une des femmes d’Adobe. Il se tire de ce mauvais pas en mangeant une pomme, fruit à la peau rouge toxique dans les Contrées du Milieu. Toute idée de mariage est oubliée mais Richard reproche à Kahlan d’avoir oublié son rôle d’amie et de ne pas lui avoir parlé de cette formalité avant. Kahlan vient s’excuser après de lui dans la Maison des Esprits. Après les réconciliations, Kahlan manque de le toucher avec son pouvoir.

Lors du conseil des devins, les esprits disent à Richard qu’ils ne peuvent rien pour lui, les boîtes d’Orden étant déjà en jeu. Pendant ce temps, Darken Rahl attaque le village, fait de nombreuses victimes et kidnappe Siddin. Richard et Kahlan décident de partir pour l’Allonge d’Agaden demander de l’aide à Shota, la voyante. Zedd fait un bref passage en Aydindril et découvre que le Grimoire a disparu.

Giller offre une poupée malheur à Rachel. Ils établissent un plan afin de protéger la troisième boîte d’Orden de Darken Rahl. Rachel s’enfuit de Tamarang avec la précieuse boîte à l’instant où Darken Rahl vient la chercher. Celui-ci interroge Giller, qui invoque un Feu de Vie pour protéger son secret.

En route pour chez Shota, Richard et Kahlan rencontrent le vieux Jehan, un calthrop, mis en déroute par Shota. Samuel attaque à son tour, alors que la voyante capture Kahlan. Il guide Richard jusqu’à la demeure de Shota, qui lui impose deux épreuves : la vision de sa mère, morte alors qu’il était petit, et l’attaque de Zedd. Elle lui parle de ses visions, lui révèle où se trouve la troisième boîte d’Orden, mais également qu’un de ses amis le trahira et que Kahlan libérera son pouvoir sur lui. Pour finir, elle offre un voeu au Sourcier, qui demande à ce qu’elle laisse Kahlan en vie.

Ils partent en direction de Tamarang. Richard est obligé de ligoter Kahlan qui tente de se tuer suite aux révélations de la voyante. Richard cède et fini par la libérer mais elle choisit finalement de rester près de lui et lui dévoile son secret, lui expliquant ce qu’est une Inquisitrice et les conséquences que cela implique.

Ils passent par Chante-Scie et y découvrent les atrocités commises dans la ville. Puis ils font la connaissance de Rachel, qui s’enfuit peu de temps après les avoir rencontrés, ayant peur de Kahlan dont la longueur des cheveux fait d’elle une grande dame, donc une méchante pour Rachel.

Ils retrouvent Zedd et rencontre Brophy. Zedd parle de la Première Leçon du Sorcier et explique à Kahlan que Richard peut « sentir la cible », ce qui fait de lui un parfait sourcier. Le lendemain, il se fait avoir par Richard et un des « trucs » qu’il lui a enseignés. Pendant ce temps, Rachel se fait attaquer par un garn mais est sauvée par Chase.

Richard, Zedd et Kahlan se rendent à Tamarang, Richard et Zedd se faisant passer pour l’entourage de la Mère Inquisitrice. Ils découvrent Siddin dans les cachots du château ainsi que le corps de Giller. A leur sortie de la ville, Chase et Rachel les rejoignent, la petite fille ayant été adoptée par le garde frontière. Puis elle leur montre la boîte qu’elle a sauvée.

Lors de leur retour vers Hartland pour rejoindre l’armée de Michael, Richard amorce un sort gardien en traversant un pont. Il repart seul alors que les autres continuent leur route pour sauver le monde. Richard retrouve James dans les grottes sacrées de Tamarang. Il parvient à annuler le sort et à se débarrasser du peintre. En sortant, il se fait emmener par Denna, ne connaissant pas les Mord Sith et leur façon de capturer les sorciers.

Denna commence à le torturer à Tamarang. La princesse Violet s’essaie à l’art de manipuler l’Agiel et d’infliger de la souffrance, et en récolte un coup de botte dans la mâchoire qui la lui brise et lui sectionne la langue. Elle reste entre la vie et la mort. Denna tue la reine Milena avec son Agiel car celle-ci voulait tuer Richard. Ils partent ensuite tous deux pour le Palais du Peuple, en D’Hara.

Richard y rencontre Constance, qui participe à son dressage. Denna commence à se prendre d’affection pour son petit chien dont elle ne cerne pas le comportement. Elle fait de lui son compagnon. Darken Rahl interroge Richard sur le Grimoire des Ombres Recensées. Le sourcier lui révèle qu’il l’a appris par coeur avant de le brûler. Pour le prouver, il enlève le parement de l’une des boîtes d’Orden. Darken Rahl envoie la Pierre de Nuit dans le Royaume des Morts, puis tisse une toile d’ennemi autour de Richard avant de le laisser partir.7374

Richard se libère du joug de Denna en la tuant avec l’amour de son épée, lui pardonnant tout ce qu’elle lui a fait subir. En sortant, il tue également Constance avec l’Agiel de Denna qu’il a promis de garder. Puis il se rend à l’endroit où vit actuellement Ecarlate et passe un marché avec elle : il lui rend son oeuf et elle l’aide à retrouver ses amis.

Zedd essaie de localiser Richard par l’intermédiaire de la Pierre de Nuit mais se retrouve prisonnier du Royaume des Morts. Il demande à Kahlan de le toucher avec son pouvoir pour qu’il puisse revenir.

Richard part avec Ecarlate récupérer son oeuf gardé à Source Feu par des garns. Pour l’atteindre, il décide de passer par la grotte du Shadrin, qu’il rencontre pendant sa traversée. Avec l’aide d’Ecarlate, il parvient à reprendre l’oeuf en utilisant le sifflet magique que l’Homme Oiseau lui a donné. Puis ils rentrent à la véritable demeure du dragon.

Ils partent ensuite à la recherche des amis de Richard. Ils les retrouvent mais la toile d’ennemi fait que tous le perçoive sous les traits de Darken Rahl. Le sourcier abandonne et décide d’essayer de se faire reconnaître par son frère. Mais ce dernier, au service de Darken Rahl, tente de le capturer pour le ramener en plus de la boîte. Richard s’échappe et repart en direction du Palais du Peuple afin d’y être avant le dernier jour de l’hiver et de tenter sa dernière chance de vaincre Darken Rahl. En cours de route, une meute de chiens à coeur tente de le dévorer mais Ecarlate vient l’aider et le porte jusqu’à sa destination finale.cid_CA0D71F-1642433.jpg image by BBLACKWOLF

Zedd, Richard et Kahlan rencontrent Demmin Nass, accompagné d’un quatuor qui se prépare à violer l’Inquisitrice. Celle-ci agresse verbalement Demmin Nass. Furieux, il lui annonce que son cher et tendre n’est déjà plus de ce monde. A cette nouvelle, folle de rage et de tristesse, Kahlan invoque le Kun Dar. Elle se débarrasse du quatuor, leur demandant de mourir sur le champ, puis coupe les testicules de Demmin et lui ordonne de les manger. Ils repartent ensuite pour le Palais de Peuple terminer la mission de Richard.

Durant les dévotions à Darken Rahl, Richard découvre comment contourner le pouvoir de Kahlan et leur permettre ainsi de vivre leur amour. Kahlan le retrouve dans le Jardin de la Vie et, à cause de la toile d’ennemi, le touche avec



1 commentaire

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